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Le point sur la compression. Parce que c’est important.

Par la rédaction. Photos © BV SPORT, SKINS, COMPRESSPORT.

La compression est un sujet délicat. indispensables pour les uns, douteux pour les autres. Ces textiles ne laissent personne indifférent. À la rédaction, certains les utilisent de temps en temps, d’autres ne jurent que par eux, quelqu’uns semblent réticents. Quelles que soient les opinions des uns et des autres, les vôtres y compris, nous avons pensé qu’il était temps de faire un nouveau point. Nous l’avions déjà fait, en nous focalisant ici et là sur telle ou telle marque, mais nous n’avions encore jamais recueilli simplement, et ensemble, les opinions des différents leaders du secteurs en leur posant exactement les mêmes questions. BV SPORT, COMPRESSPORT, SKINS nous ont pour le moment répondu. Pour les français de BV SPORT c’est Philippe Chardigny qui prend la parole. Nous le connaissons depuis longtemps. Il a eu la chance de passer une journée à Clairefontaine avec l’ensemble du groupe France début juin pour les équiper et les sensibiliser à la compression. Il explique que si beaucoup utilisent les Booster Elite, « tous utilisent les chaussettes de récupération ». Rien que ça ! Allez la France. Philippe est le directeur Sport Performance de la marque. Chez SKINS, marque d’origine Australienne, c’est Maxime Morel qui s’exprime. C’est le Country Manager pour la France. Enfin, last but not least, chez COMPRESSPORT, c’est Arnaud Ménétrier qui répond à nos questions. Il est non seulement docteur en physiologie du sport mais également directeur scientifique de la marque Suisse. En avant !

Le point sur la compression
Le point sur la compression
Le point sur la compression

Running Café : Certains coureurs à pied et triathlètes débutants, ou de niveau moyen, ne savent pas encore très bien à quoi sert la compression. Pouvez-vous nous rappeler brièvement son intérêt pour les sports d’endurance que nous pratiquons tous ?

Philippe Chardigny (BV SPORT) : L’intérêt de la compression à l’effort est aujourd’hui incontournable et a fait l’objet il y a un peu plus de 1 an d’une étude clinique réalisée par le centre d’investigation clinique (CEN BIOTEC), dirigée par le professeur Allaert de la chaire de Dijon, en collaboration avec le centre d’expertise de la performance de Dijon. La compression progressive et sélective de BV SPORT respecte l’anatomie et la physiologie des sportifs, améliore le retour veineux, optimise la sollicitation musculaire lors de chaque impact au sol et réduit significativement les vibrations et oscillations parasites. Porté régulièrement, le Booster Elite repousse par exemple le phénomène de jambes lourdes, recule le seuil de fatigue, diminue le risque de courbatures, réduit considérablement le risque de blessures et de lésions musculaires, et prépare dès l’effort à la récupération. Je vous renvoie à cette étude clinique : https://fr.calameo.com/accounts/5455766.

Le point sur la compression
Le point sur la compression
Maxime Morel (SKINS) : Avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut être en mesure de définir la compression de la façon dont on l’entend dans ce cas précis. Nous ne parlons pas ici d’un usage marketing mais d’un usage scientifique utilisé depuis des décennies dans un environnement médical pour soigner les troubles veineux et qui, durant les années 90, a été adapté à un usage sportif par le biais d’investissement en R&D important, et en études scientifiques pour en démontrer les bénéfices. Dans le cadre d’une activité sportive, les produits de compression permettent d’améliorer le retour veineux et ainsi permettre une meilleure l’oxygénation des muscles actifs lors de toute activité physique, et d’en assurer aussi le maintien pour, notamment : réduire l’accumulation d’acide lactique dans le sang, réduire les risques de blessure, accélérer le processus de récupération.
Le point sur la compression

Arnaud Ménétrier (COMPRESSPORT) : Il faut d’abord bien distinguer la compression portée au repos (avant l’effort et en récupération) et pendant l’effort. La compression portée au repos (avant ou après une épreuve d’endurance) sert surtout à améliorer le retour veineux. De par la gravité, naturellement le sang a tendance à stagner dans les membres inférieurs. En appuyant sur les veines, la compression fait remonter le sang en direction du cœur (à l’image d’une pression exercée sur un tube de dentifrice faisant remonter la pâte). Avant l’effort, ou lors des voyages : en activant le retour veineux la compression prévient la stagnation du sang dans les jambes. Les jambes ne gonflent pas et le sportif ressent une sensation de jambes légères. En récupération : en améliorant là encore le retour veineux, la compression accélère l’élimination des toxines (comme par exemple l’acide lactique) qui sont ainsi drainées plus rapidement. La compression augmente aussi l’apport d’oxygène aux muscles, réduit l’inflammation et prévient les courbatures. Le sportif retrouve ainsi son niveau de performance plus rapidement.

Le point sur la compression
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La compression portée à l’effort maintenant (pendant une épreuve d’endurance donc) : cette fois l’effet sur le retour veineux est moins marqué. En effet, ce dernier est déjà naturellement élevé à l’effort (fréquence cardiaque plus haute, contraction musculaire appuyant déjà sur les veines …). La compression sert donc là avant tout à réduire les oscillations musculaires, reflet des vibrations générées par les impacts au sol. En d’autres termes : la compression sert à absorber les chocs. Elle agit donc comme un support musculaire. En réduisant les oscillations musculaires, la compression limite les dommages musculaires accentués par la répétition des chocs, notamment lors d’épreuves de longue durée et/ou chez les débutants (la fatigue apparait par exemple beaucoup plus vite à vélo sur des pavés en comparaison à du bitume, à cause des vibrations justement). La fatigue est ainsi retardée, le risque de blessures comme des tendinites ou périostites est réduit, ce qui permet au sportif de repousser ses limites et d’améliorer ces performances lors de ces épreuves d’endurance. : La compression est également connue pour améliorer la proprioception (plus communément l’équilibre). En appuyant sur la peau et les muscles, elle active en effet des récepteurs dits proprioceptifs qui sont à l’origine de l’équilibre. Le sportif est ainsi plus à l’aise dans les descentes techniques par exemple. Aussi, le risque d’entorse de cheville est diminué.

Le point sur la compression
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Running Café : Certains critiques avancent que la compression ce n’est ni plus ni moins que du marketing mais qu’il n’existe pas d’étude scientifique démontrant son intérêt. Pouvez-vous nous fournir des preuves de l’utilité de la compression, en récupération mais également à l’effort pour les sports d’endurance ?

Philippe Chardigny (BV SPORT) : Pour rappel, nous sommes les pionniers en matière de recherche sur le retour veineux. Nous ne sommes pas nés du marketing comme beaucoup de marques de compression, et c’est en partie grâce à des recherches scientifiques sur le retour veineux des sportifs de haut niveau dans les années 90, que la société BV SPORT à vue le jour. Donc oui, nous avons plusieurs études scientifiques très favorables, et publiées dans les plus grands journaux scientifiques internationaux, qui prouvent l’intérêt du port des chaussettes de compression en récupération et, dernièrement, de l’intérêt de l’utilisation de manchons à l’effort comme je le précisais lors de votre question précédente. Après, il faut juste être logique et se poser les bonnes questions : depuis 1998, nous travaillons avec la majorité des fédération sportives françaises et la presque totalité des clubs de haut-niveau. Ceci, à la demande des staffs médicaux et techniques, mais aussi des joueurs professionnels eux-mêmes qui connaissent parfaitement nos gammes depuis très longtemps et qui les utilisent au quotidien. Outre les études favorables, si les joueurs n’avaient pas perçu de différence sur la qualité et l’accélération de leur temps de récupération, il y a longtemps que BV SPORT n’existerait plus.

Le point sur la compression
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Maxime Morel (SKINS) : En ce qui concerne SKINS toutes les études menées de manière indépendante et publiées dans des revues scientifiques sont disponibles en suivant ce lien :

https://issuu.com/skinscompression/docs/ski_163_summ_03_08_art_original_362/8

Et en parcourant également le journal des publications disponibles en suivant ce lien :

https://www.SKINS.net/fr/SKINS-science/#journal-publications

Toutes les études propres à SKINS, ou en partenariat avec SKINS, ne sont quant à elles pas disponibles. Vous ne recevrez également jamais de chiffres sur les résultats de nos études, de la même façon qu’un laboratoire pharmaceutique ne vous donnera de chiffres sur l’efficience d’un traitement. Chaque organisme réagit  à des degrés divers lors d’un traitement médicamenteux, c’est la même chose pour une aide compressive durant un effort sportif. Sur la récupération, je vous conseille toutefois l’étude de Jakeman, J.R., Byrne, C., and Eston, R.G. (2010) qui s’est attachée a étudier l’impact de la compression sur les membres inférieurs dans une stratégie de récupération suivant l’activité. Sur l’effort, je vous conseille aussi l’étude de McManus, C., Murray, K., Morgan, N. (2015) directement liée aux impacts physiologiques lors d’une séance de courses à pieds.

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Arnaud Ménétrier (COMPRESSPORT) : À ce jour COMPRESSPORT a participé à près de 15 études publiées dans des revues scientifiques internationales à comité de lecture. Sur la littérature scientifique et la compression au repos : à ce jour il est largement admis par l’ensemble de la communauté scientifique que la compression améliore la récupération :

  • En améliorant le retour veineux
  • En augmentant l’oxygénation musculaire
  • En accélérant le retrait des métabolites / toxines (comme les lactates)
  • En limitant l’œdème et l’inflammation
  • En réduisant les courbatures …

Les conclusions de plusieurs méta-analyses récentes (des études statistiques regroupant toutes les études disponibles portant sur le sujet – ce qui se fait de mieux en matière de publications scientifiques) l’indiquent :

– Brown F, Gissane C, Howatson G, van Someren K, Pedlar C, Hill J. Compression Garments and Recovery from Exercise: A Meta-Analysis. Sports Med. 2017 Nov; 47(11): 2245-2267.

– Hill J, Howatson G, van Someren K, Leeder J, Pedlar C. Compression garments and recovery from exercise-induced muscle damage: a meta-analysis. Br J Sports Med. 2014 Sep;48(18): 1340-6. – Born DP, Sperlich B, Holmberg HC. Bringing light into the dark: effects of compression clothing on performance and recovery. Int J Sports Physiol Perform. 2013 Jan; 8(1): 4-18.

Le point sur la compression

Arnaud Ménétrier (COMPRESSPORT) : La littérature scientifique portant sur la compression portée à l’effort est davantage controversée. Et ce pour de nombreuses raisons. Comme évoqué plus haut, la compression n’agit pas sur le retour veineux pendant l’effort ou assez peu (en réalité jusqu’à environ 150 W à vélo et jusqu’à 7 km/h en marchant / courant). Donc, toutes les études s’intéressant aux effets de la compression sur les paramètres hémodynamiques (qui découlent du retour veineux : comme l’oxygénation musculaire, la VO2, la fréquence cardiaque, les lactates…) mais  à l’effort ; ces études ne présentent pas de résultats positifs. Mais on s’en doutait ! Aussi discuté précédemment, la compression portée à l’effort agit surtout sur l’absorption des chocs. Nous avons vu que la compression, en réduisant les oscillations musculaires limitait les dommages musculaires accentués par la répétition de ces chocs, et donc repoussait la fatigue. Or, à ce jour, toutes les études scientifiques portant sur les effets de la compression sur la performance s’intéressent à des épreuves de courtes durées : 5000 m, 10 km, trails courts simulés en laboratoire et souvent dans des conditions très éloignées de celles observées sur le terrain. On se doute déjà des résultats : aucun effet positif ! Et ce, pour la simple et bonne raison que l’épreuve étudiée est souvent trop courte : pas assez de chocs, donc pas suffisamment de dommages musculaires et donc peu d’intérêt de porter la compression dans ce cas.

Le point sur la compression
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Arnaud Ménétrier (COMPRESSPORT) : Vous allez me dire : pourquoi ne pas s’intéresser à des épreuves plus longues ? Et bien d’abord parce que ce type de protocole est très difficile à mettre en place. Imaginons que l’on s’intéresse aux effets de la compression sur la performance en marathon. Avant même de démarrer l’étude, il faudrait s’assurer que les sujets soient capables de répéter deux fois un marathon en obtenant le même résultat. Or, il y a de grandes chances, pour de multiples raisons, que le sujet n’obtienne pas la même performance (état de fatigue avant de démarrer différent, effet entraînement d’une session à l’autre, état psychologique différent, etc…). On appelle ça : l’erreur de mesure. Si celle-ci avoisine par exemple 5-10 min (ce qui est assez peu : 2 à 4 % pour une performance de 3h30) et que l’effet attendu de la compression est plus faible (émettons l’hypothèse de 2 min par exemple), et bien cet effet sera noyé dans l’erreur. Enfin, contrairement à la contention médicale qui est bien classifiée (classe I, II, III et IV selon le niveau de pression appliqué et la pathologie du sujet), il n’existe aucun consensus quant à la compression sportive. On retrouve ainsi tout et n’importe quoi sur le marché : des manchons, des chaussettes, des pressions allant de 5 à 50 mmHg, des gradients de pression différents (plus fort en haut ou en bas), de la compression avec et sans couture, des niveaux d’élasticité différents, etc…. Dès lors, les résultats sont totalement différents d’un modèle à l’autre. Une étude présente même des différences jusqu’à plus de 200 % (en termes d’effets) entre deux manchons différents : Dermont T, Morizot L, Bouhaddi M, Ménétrier A. Changes in Tissue Oxygen Saturation in Response to Different Calf Compression Sleeves. J Sports Med 2015.
Le point sur la compression
Le point sur la compression

Running Café : Très bien. Merci à tous pour ces précisions fortes utiles. Certaines critiques avancent maintenant que la compression n’est pas utile pour le haut du corps. Qu’en pensez-vous ?

Philippe Chardigny (BV SPORT) : Nous ne sommes pas partisans de la compression sur le haut du corps, mais plus de « maintien musculaire », et de régulation thermique grâce aux nouvelles fibres innovantes qui voient le jour chaque années.

Maxime Morel (SKINS) : La compression sur le haut du corps agit de la même façon que sur un bas, dans n’importe quelle pratique sportive. En plus de jouer sur le maintien postural et la régulation thermique dans des sports d’endurance, la compression soulage les muscles actifs, améliore leur oxygénation de façon à limiter les risques de tétanie musculaire à l’effort et offre une protection des muscles vis-à-vis des lésions musculaires possibles lors d’exercice avec charges ou de haute intensité (musculation, tennis…). Les besoins en énergie des membres supérieurs lors d’une activité tels que le running ne sont bien sûr pas les mêmes que pour un gymnaste, un grimpeur ou un kayakiste. Ce n’est pas pour autant que l’impact physiologique sur l’organisme n’existe pas pour une pratique d’endurance comme le running où les membres supérieurs sont moins sollicités. J’ajoute que des études récentes menées sur le cricket ou bien encore le rugby mettent en évidence les bénéfices physiologiques de la compression sur les membres supérieurs.

Le point sur la compression
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Arnaud Ménétrier (COMPRESSPORT) : A nouveau, tout dépend de quoi nous parlons. Effectivement, la compression pour le haut du corps (t-shirt, manchettes pour les bras) est peu, voire pas utile, pour améliorer le retour veineux que ce soit à l’effort ou en récupération. Comme déjà explicité plus haut, de par la gravité le sang stagne dans les jambes (pieds, chevilles, mollets) et non dans les membres supérieurs. Du coup, de la même façon, la compression pour les cuisses est moins utile que celle des mollets pour améliorer le retour veineux. En revanche, la compression sur le haut du corps sera quant à elle fortement utile pour mieux absorber les chocs, que ce soit dans les sports de raquettes ou le golf au moment de taper la balle, ou bien à VTT ou en vélo de route sur des pavés. La fatigue est ainsi repoussée et le risque de blessure est du coup réduit. Une paire de manchette pour les bras peut limiter grandement le risque de tendinite au niveau du coude, pathologie très présente chez le tennisman (tennis elbow), le golfeur ou certains sports collectifs. Aussi, la compression pour le haut du corps permettra d’améliorer la posture et de se tenir droit en apportant un effet gainant. Cela peut être très utile en fin de course d’endurance quand la technique se dégrade, ou bien en musculation pour éviter les blessures. Enfin la compression pour le haut du corps peut contenir l’œdème et l’inflammation et donc réduire les courbatures et douleurs qui sont liées. J’ajoute que concernant la compression pour les cuisses, puisqu’il s’agit de grosses masses musculaires, elle sera beaucoup plus efficace que celle des mollets pour absorber les chocs (environ -35 % de vibrations contre -20 % sur les mollets …). Il en va de même pour toutes les conséquences qui en résultent : moins de dommages musculaires, moins d’inflammation, risque de blessure moindre, etc. cf. l’étude de mon exemple 1 ci-après (Borràs X, Balius X, Drobnic F. Effects of lower body compression garment in running mechanics. Portuguese J Sport Sci. 2011;11(2):593-596). De quoi faire taire ce genre de remarques ?

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Running Café : Pour finir : que répondez-vous à ceux qui doutent encore ?

Philippe Chardigny (BV SPORT) : Pour les sceptiques : oui il y a un véritable intérêt à l’utilisation de la compression en récupération, comme à l’effort. Attention simplement à bien vous informer sur le type de compression que vous achetez, chaque marque a sa compression. Chez BV SPORT, nos gammes sont fabriquées en France et déclinées en 10 tailles pour un respect morphologique optimal. Notre concept de compression innovant a fait l’objet de plusieurs études cliniques qui prouvent l’efficacité de nos gammes dédiées à la récupération et à l’effort. En clair : nous exerçons les bonnes pressions aux bons endroits. Aujourd’hui BV SPORT est une référence dans le milieu de la compression et notamment dans le sport professionnel.

Maxime Morel (SKINS) : Douter de résultats de travaux scientifiques recoupés par une multitude d’études menées par des chercheurs et des universités d’horizon différents et se demander si la compression est utile sont deux choses différentes, la première étant bien plus inquiétante que la seconde. On peut valider les bénéfices des opiacés mais ne pas en sentir l’utilité pour le traitement de la douleur, y préférant d’autres alternatives. Ils existent aujourd’hui une multitude de technologies, innovations qui permettent de pratiquer du sport dans de meilleures conditions qu’il y a 20 ans. La compression en fait partie. Libre aux sportifs de l’utiliser, ou non. L’un des meilleurs tests que nous avons réalisé pour convertir les plus sceptiques étaient le test d’un produit de compression sur une seule jambe lors d’une sortie intense et traumatique afin de pouvoir mesurer au ressenti la différence à l’effort, puis au lever le lendemain matin. Moins rigoureux qu’une étude scientifique mais diablement efficace pour ceux que les équations et intégrales rebutent.

Arnaud Ménétrier (COMPRESSPORT) : Déjà je leur propose de me contacter : arnaud@COMPRESSPORT.com ! Je me ferai un plaisir de répondre à leurs questions. On l’a vu au dessus, la compression est plus complexe qu’elle n’y paraît. Je leur propose aussi de venir découvrir notre laboratoire de recherche à Besançon, près de 200 m2 avec toutes les technologies nécessaires à la compréhension des effets de la compression sportive :

  • échographie-Doppler pour mesurer des débits sanguins,
  • spectroscopie de proche-infrarouge pour évaluer l’oxygénation musculaire,
  • accéléromètres tri-axes pour quantifier les oscillations musculaires,
  • sondes de température pour apprécier la thermorégulation,
  • tapis roulant géant (-8 à +25 % de pente, vitesse jusqu’à 40 km/h) pouvant accueillir jusqu’à 4 vélos en même temps, 6 coureurs ou 1 fondeur (ski roue) …
Le point sur la compression
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Arnaud Ménétrier (COMPRESSPORT) : Enfin, je leur conseille de respecter certaines « règles » au moment d’acheter un article de compression :

1/ Bien faire attention à la taille : dans le doute (entre deux tailles) toujours prendre la taille au-dessus (surtout pour un produit d’effort). En effet les muscles gonflent à l’effort (jusqu’à 3-5 cm parfois). Un manchon trop étroit pourrait par exemple entraîner un effet garrot (sensations de jambes lourdes). Pour palier à cela, COMPRESSPORT utilise dans sa nouvelle génération de produits (R2 Oxygen par exemple) la fibre la plus élastique qui soit. Elle permet ainsi de suivre le gonflement.

2/ La compression doit être sans coutures. Ces dernières ne permettent pas de calibrer la compression au mmHg et vous vous retrouvez donc avec un produit qui serre mais qui ne « comprime » pas, et donc vous ne bénéficiez pas des effets de la compression.

3/ Le niveau de pression est également important. S’il est disponible privilégier une compression dégressive en récupération (plus fort en bas) et jusqu’à 25-30 mmHg maximum sur la partie jambe et 15-20 mmHg sur la partie cuisse. Pour un produit d’effort le sens de la compression a moins d’importance (la compression devra être plus élevée où on veut réduire les vibrations) mais pour éviter l’effet garrot ne pas dépasser 20-25 mmHg aux mollets et 15 mmHg aux cuisses.

4/ Privilégier les tissus fins et respirants surtout l’été pour un maximum de thermorégulation.

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Argumentaire supplémentaire d’Arnaud Ménétrier (COMPRESSPORT)

Selon les caractéristiques des individus, la compression n’aura pas les mêmes effets. Un « Doliprane 500 » calmera par exemple les maux de tête de Pierre tandis que Paul aura besoin d’un « Doliprane 1000 ». Il en est de même pour la compression. Il est fort probable qu’un Kenyan très entraîné et avec peu de masse musculaire (donc moins de vibrations) bénéficiera moins des effets de la compression qu’un débutant qui taperait fort au sol a chaque appuis. Malgré tout, de nombreuses études présentent des effets positifs du port de la compression dans les sports d’endurance. Prenons 5 exemples qui illustrent plutôt bien les propos ci-dessus :

Exemple 1 : Borràs X, Balius X, Drobnic F. Effects of lower body compression garment in running mechanics. Portuguese J Sport Sci. 2011;11(2):593-596.

L’étude de Borràs présente une réduction des oscillations musculaires lors de la course en descente avec l’utilisation de manchons de compression pour les cuisses (40 min à 14-15 km/h et à -10 % de pente). Cette réduction des oscillations musculaires est associée à une réduction des marqueurs de dommages musculaires (-42 %) et de l’inflammation (-51 %).

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Exemple 2 : Ménétrier A, Tordi N. The use of elastic compression to decrease the risk of injuries. Br J Sports Med 2014;48:638.

Cette étude menée sur 1200 sportifs (de tout horizon) indique que l’utilisation de la compression à l’effort réduit le risque de blessures (périostites, tendinites et blessures musculaires). Lorsque la compression est toujours portée à l’effort le nombre de blessures est réduit de 29 % par rapport à quand la compression n’est jamais portée, lorsqu’elle est souvent portée (75 % du temps) la réduction des blessures est de 12,5 % et lorsqu’elle est parfois portée (50 % du temps) la réduction des blessures est de 9,7 %.

Le point sur la compression
Exemple 3 : Buche A, Pinot J, Fostel C, Ménétrier A. Proportion of participants wearing the elastic compressionaccording to the final ranking of the 4 last editions of the Ultra-Trail du Mont-Blanc. Sci Sports 2018;in press

Cette étude porte sur les participants de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB – 170 km et 10500 m d+). Lors des 4 dernières éditions on recense 46 % d’abandons. La compression est davantage portée par les participants qui terminent la course (près de 53 % des participants qui vont au bout de l’UTMB portent la compression sur les mollets) que par ceux qui abandonnent prématurément (46 % des participants qui abandonnent la course portent la compression sur les mollets). De plus la proportion de porteurs de la compression augmente linéairement lorsque l’on se rapproche vers le haut du classement. Ces observations suggèrent que la compression pourrait aider les ultra-trailers à terminer certaines épreuves de longue durée telle que l’UTMB.

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Exemple 4 : Michael JS, Dogramaci SN, Steel KA, Graham KS. What is the effect of compression garments on a balance task in female athletes? Gait Posture 2014;39(2): 804-809.

Cette étude indique que le temps en équilibre sur une jambe les yeux fermés augmente avec un collant de compression (environ 50 sec) vs. un short de sport (environ 30 sec). De plus le centre de gravité du sportif est plus stable avec le collant. Les auteurs concluent que la compression améliore la proprioception et l’équilibre.

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Enfin, j’ajoute le cas d’un rapport empirique non publié pour le moment (à venir)

L’utilisation de manchons pour les mollets COMPRESSPORT R2 améliore l’aérodynamisme en vélo. Le gain est d’environ 5 W. Pour une même vitesse (38 km/h par exemple) le cycliste appuie moins fort sur les pédales (-5 W) pour avancer. Cela se traduit par un gain d’une demi-seconde au kilomètre soit 1m30 sur la distance Ironman. Si l’on rajoute à ça de la compression sur les bras et les cuisses, le gain peut être conséquent. L’explication est qu’un textile proche de la peau est plus aérodynamique que la peau elle-même (exemple des combinaisons de natation).

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