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Adidas Adizero Adios Pro : pour le marathon en moins de 3h. Part II.

11 septembre 2020 | Tests Matos

Par la rédaction, avec Aurélien Sztern. Photos © Adidas,  Aurélien Sztern

223g (H en 43)
Hauteur talon : 39,5 mm
Hauteur métatarses : 29,5 mm
Drop de 10 mm
Prix : 200€

Ça y est, on a enfin le retour de test complet de notre ami Aurélien, une des figures du club de triathlon de Meudon (92). Gros rouleur, grand gabarit (mais fin hein le limier), Aurélien n’en reste pas moins un très bon coureur. Il n’en fallait pas moins pour nous tester cette fusée thermonucléaire à ne pas mettre entre tous les pieds.

Adidas Adizero Adios Pro
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Adidas Adizero Adios Pro
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Tout d’abord, une précision. L’Adidas Adizero Adios Pro est à ne pas confondre avec l’Adidas Adizero Pro (les 4 photos précédentes).

Un poil plus légère (235g), un drop à l’identique, du carbon à l’intérieur, l’Adizero Pro est également dans la catégorie superstar des marathons à 300 km/h. Mais la comparaison s’arrête là. L’Adidas Adizero Pro est bien amortissante – suffisament pour aller vite sur marathon disons – mais elle met le pied beaucoup plus proche du sol que sa contemporaine. Sa plaque de carbone s’étend également sur toute la longueur de la chaussure. Avec sa semelle intermédiaire en mix de mousse Lightstrike + Boost, et son rocker prononcé, l’Adizero Pro vous envoyait déjà pas mal vers l’avant. Elle jouait aussi sur ses qualités de rebond naturelles de chaussure de compétition somme toute assez classique à laquelle on aurait ajouté du carbone. C’était selon nous déjà une très belle façon de vous pousser à tourner vite les jambes et utiliser vos orteils de la meilleure manière qui soit. C’est pourquoi elle était particulièrement efficace quand vous vous lanciez à grande vitesse vers l’avant.

Adidas Adizero Adios Pro
Adidas Adizero Adios Pro
Adidas Adizero Adios Pro

Quoi qu’il en soit, la chaussure était également bien agréable à vitesse plus lente.

Aucun problème pour être portée par les coureurs plus lents qui veulent toutefois se faire plaisir avec un modèle agressif qui semble réservé à l’élite de l’élite. La chaussure nous plaisait d’autant plus qu’elle possédait une tige bien large, ce qui était plutôt rare jusqu’à il y a peu pour ce genre de chaussure formule 1. En ce qui concerne l’Adidas Adizero Adios Pro, c’est une tout autre promesse. Les deux chaussures se destinent à la compétition. Soyons clairs. Mais votre pied est placé beaucoup plus haut sur l’Adios Pro. La plaque de carbone n’est qu’au niveau du talon car sous le médio-pied et l’avant-pied, il y a ces « EnergyRods », ces petits rouleaux en carbone qui copient la forme du squelette de votre pied. À cela s’ajoute la toute nouvelle mousse LightStrikePRO sensée être plus réactive, plus légère mais aussi moins résistante à l’usure. On ne peut pas tout avoir. Du coup, on peut le dire, cette Adizero Adios Pro est la réponse des Allemands d’Adidas aux Américains de Nike et leur fameuse VaporFly Next% et autre Nike Alphafly.

Adidas Adizero Adios Pro
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Côté test : avant l’entraînement en vitesse à proprement parlé

« Tout d’abord j’ai l’impression d’avoir un prototype devant les yeux. La semelle est lisse, sans aucun cran, aucune rainure et encore moins de crampons. Il va vraiment falloir me les réserver au beau bitume bien sec bien propre ou alors à la piste. Clairement c’est une chaussure pour les grandes occasions ! Ce qui m’a surpris au départ c’est la rigidité de la semelle mais aussi sa légèreté : 270g en taille 46, c’est carrément du jamais vu pour moi. Question confort et tenue du pied, il n’y a rien à redire. Tu te sens bien maintenu, le fit est super proche du pied, sans gêner. Et puis le mesh est très aéré. Une fois chaussée, rien qu’en marchant, on sent tout de suite que la forme de la semelle t’entraine vers l’avant. C’est bien foutu.

Adidas Adizero Adios Pro
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Côté test : après quelques séances de vitesse avec notamment 8 X (45”/30” + 1’15/30”)

« j’avais de quoi me les secouer un peu » précise notre testeur en riant. Il ajoute : « À l’échauffement, l’allure est lente et je ressens comme une sensation d’instabilité. Par contre dès qu’on accélère la sensation de rebond est nette. On ne ressent d’ailleurs pas du tout la rigidité. Tout est dans la douceur, comme si on sautait sur un matelas en latex. Je grossis le trait mais c’est un peu ça. Pour être bien, il faut attaquer en medio-pied. L’attaque talon c’est clairement pas possible. De toutes façons, dès qu’on accélère, la chaussure t’amène comme par enchantement vers l’avant pied. Par contre, attention à l’instabilité sur les nids de poules ou les virages très serrés parce que tu es obligé de prendre large et de ralentir sinon tu as vraiment l’impression que tu vas faire un tout droit, comme avec des pneus lisses en fait. Un peu comme je l’avais pre-senti, c’est donc un modèle à réserver à de belles grandes lignes droites goudronnées à la perfection. Et là oui, en effet, ça envoie sévère ! Enfin faut bien appuyer et être capable de toi-même d’envoyer pour que la chaussure t’offre tout le répondant nécessaire et renvoie à son tour. À réserver à une élite donc ».

Adidas Adizero Adios Pro
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Dans le détail : ce qu’on a pensé de la tige

Elle est en « Celermesh », un mesh tout nouveau qui est à la fois très léger et plutôt bien résistant pour quelque chose d’aussi léger. Bien sûr elle ne résiste pas aux gouttes de pluie mais elle est vraiment très respirante. Et puis quel maintien !

Adidas Adizero Adios Pro
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Dans le détail : ce qu’on a pensé de la semelle intermédiaire

Elle est imposante, c’est le moins qu’on puisse dire. La hauteur est limite légale pour les compétitions. Elle est de 39,5 mm au talon et la limite est à 40 mm. À l’avant-pied c’est une hauteur de 29,5 mm. Le drop est donc de 10 mm. Ce n’est pas énorme mais suffisant pour que vous ne sentiez pas de douleurs aux tendons d’Achilles ou au mollet. Le matériau utilisé est la nouvelle mousse LightstrikePRO. C’est la plus légère de la marque (mais pas la plus légère du marché). Elle est ferme et bondissante mais reste confortable. Quant aux fibres de carbone, elles ne sont pas contenues dans une plaque mais dans cinq petites barres qui sont placées dans le sens de vos os métatarses. C’est à se demander pourquoi personne n’y avait pensé avant. Adidas les appelle les “Energy Rods”. Le but : vous aider à maintenir votre vitesse éclair plus longtemps. Est-ce que ça fonctionne : difficile à dire quand on ne court pas comme un Kenyan ou un   Ethiopien mais nous avons noté que la souplesse, le dynamisme et la précision étaient très supérieurs à ce que nous avons vu ailleurs. Quant à la plaque de carbone au talon dont nous parlions plus haut, elle est en fait un mélange de fibre de carbone et de nylon. Mais ce n’est pas très important. Le résultat c’est que la chaussure continuera de vous soutenir et de vous envoyer en l’air quand vous serez fatigué et que votre foulée cassée aura tendance à vous faire atterrir sur l’arrière, sur le talon donc.

Adidas Adizero Adios Pro
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La semelle externe

On l’a dit, c’est là THE point faible du modèle. C’est joli, c’est sûr mais c’est trop lisse Messieurs Adidas.

Adidas Adizero Adios Pro
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Conclusion : La chaussure parfaire n’existe pas et Adidas Adizero Adios Pro n’échappe pas à la règle. C’est un modèle à réserver aux grands jours et non pas une chaussure à mettre aussi souvent que possible. Cela dit, elle est très facile à dompter et peut s’offrir au plus grand nombre, pourvu que vous ayez 200€.

Les plus : son accessibilité, son efficacité, son design. On touche au vrai high-tech.

Les moins : le talon est un peu lâche. Attention à comment vous faites vos lacets donc. Le grip de la semelle externe est très insuffisant. Trop peu d’accroche donc. À réserver aux jours de beau sur surface plate et lisse. Pourquoi ne pas mettre du Continental comme sur une Ultraboost, hein, pourquoi ? Et puis ce prix….

Adidas Adizero Adios Pro
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