Sélectionner une page

Brooks vend son premier modèle tous profils. Tous ? Oui. Tous.

Par Gaël Couturier. Photos © Brooks Running, Lacerations.

314g (H) et 261g (F). Hauteur talon de 36,6 mm, hauteur métatarses de 24,1 mm et drop de 12,5 mm pour les hommes. Hauteur talon de 32,9 mm, hauteur avant-pied / métatarses de 23,4 mm et drop de 22,3 mm pour les femmes. 140€.

Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19

Dans le running moderne, il y aura un avant Brooks Adrenaline GTS 19 et un après. Un peu comme Jesus Christ. Il y a les années d’avant (visiblement elles ne comptent pas n’est-ce pas ?) et les années d’après, sur lesquelles se base aujourd’hui l’humanité toute entière pour savoir quel jour on est. Car cette toute nouvelle chaussure n’est plus du tout un de ces modèles déjà vus mille fois qui corrigeraient l’hyper-pronation, ou l’hyper-supination, et permettraient à des coureurs souvent lourds et à la voute plantaire affaissée, voire à la foulée biscornue d’embrasser, eux aussi, la fashion du running. Non. L’Adrenaline GTS 19 est un nouvel animal. Alors, oui, bien sûr qu’avec ses 314g pour le modèle homme et ses 261g pour le modèle femme, elle demeure une chaussure lourde vers laquelle les coureurs à arches hautes sans problème de foulée particulier ne vont sans doute pas se tourner. Ils auraient toutefois un peu tort. Car la chaussure, voyez-vous, pourrait tenir la distance avec des modèles concurrents plus légers, orientés pour les longues distances plutôt, et des profils de coureurs à foulée plus légère, plus équilibrée et certainement plus efficace. Donc non seulement l’Adrenaline GTS 19 apporterait une nouvelle solution contre les défauts les plus courants de nos foulées parfois naturellement « bancales », mais vous accompagnerait aussi sur un marathon ou un ultra sur route, ou juste pour vous faire plaisir. Remarquez, le slogan de Brooks c’est « run happy » oui ou non ? Cette Adrenaline GTS 19 peut convenir à tout le monde, et donc tout autant à ceux d’entre-nous qui ne souffrent de rien du tout. Bref. Les magiciens de Seattle sont de retour, le charme Brooks agit chez nous et l’équipementier confirme, s’il en était besoin, sa forme épatante du moment. Son spectacle est décidément sans fin, avec une excellente série de modèles 2018-2019 qui ne finit pas de nous emballer. C’est innovant, c’est efficace, c’est solide, c’est design. Franchement bravo !

Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19

Tout d’abord, une vérité, pour enfoncer les portes ouvertes : Brooks assure que la chaussure limite les problèmes de genoux, représentant aujourd’hui près de 45% des blessures de la course à pied. Brooks indique qu’elle a passé des mois à travailler sur une étude scientifique afin de proposer une meilleure solution aux systèmes existant et que l’Adrenaline GTS 19, grâce à sa technologie dite de  « Guide Rails » permet de garder le pied stable et le genoux protégé. Bien entendu, nous n’avons eu la chaussure entre les mains et les pieds que depuis quelques semaines. Il a dès lors été impossible de vérifier si tout cela est vrai, d’abord parce que – heureusement – personne à la rédaction souffre de problème de genoux. On sait, c’est bête.

Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19

Et puis nous ne pouvons malheureusement pas nous substituer à un labo de test indépendant. De toute façon, rassurez-vous, un tel labo, ça n’existe pas. Aucun média running, dans le monde, ne serait capable de produire un tel test, même les américains. Car personne n’en a les moyens. Je le sais, j’ai moi-même longtemps travaillé pour le plus puissant média de running américain. Nous nous attacherons donc ici à parler de ce que nous savons, ce que nous avons ressenti, vu, constaté, aimé, ou pas. Enfin…aimé. Parce qu’il n’y a rien de chez rien dans cette chaussure que nous n’avons pas aimé.

Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19

La tige

À ce niveau, rien de très révolutionnaire, même si c’est du bon, du très bon, et également du très complexe, avec un imprimé 3D. C’est bien simple : il y a de tout sur cette tige. De la souplesse, c’est doux dedans, dehors aussi (je sais c’est dingue !), et de gros gros efforts de design pour que la chaussure ne ressemble pas à un de ces vieux paquebots très 90’s. C’est aussi particulièrement bien fini. Une preuve de plus que Brooks, l’un des rares équipementiers sportif à ne faire que du running (si si ils ne font que du running chez Brooks – voir l’interview que nous avons réalisée il y a quelques jours et publiée dans la rubrique portrait ici : https://leblog.enduranceshop.com/portraits/) prend son travail très au sérieux. Si l’empeigne (à l’avant, sur le dessus du pied) est bien souple et respirante, le talon est quant à lui particulièrement protecteur : ses contreforts sont stables, solides et vont aider à l’équilibre de la foulée. C’est leur rôle. Et il va bien sûr avec la fonction de sa semelle intermédiaire que nous verrons juste après : soutenir le pied en cas de faiblesse, de fragilité. C’est le gros morceau de ce test.

Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19

Le collier de cheville est épais, ni trop ni trop peu. C’est un bel équilibre là encore. Un mot sur le velours très doux que l’on retrouve sur la languette à l’extérieur et au talon. C’est d’une douceur exquise et c’est exprès : c’est là que vous posez vos doigts quand vous enfoncez le pied dans la chaussure ou quand vous faites vos lacets. Disons que c’est une gentille attention de la part du fabricant, qui n’est pas restée dans l’ombre pour nous. Ce détail-là n’a l’air de rien, mais c’est quand même la classe. L’Adrenaline GTS 19 n’est vraiment pas une chaussure comme les autres. On est dans du haut de gamme.

Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19

La semelle intermédiaire

Comme souvent dans nos tests, vous commencez à en avoir l’habitude, la semelle intermédiaire c’est là où nous vous démontrons que beaucoup de choses se passent dans une chaussure de course à pied. Et pour l’Adrenaline GTS 19, ça ne change pas. C’est toujours LE gros morceau du gros gâteau.

Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19

Commençons tout de suite par voir ce que nous dit la marque. La chaussure possède à l’intérieur de sa semelle intermédiaire deux « GuideRails », un de chaque côté. Il s’agit tout simplement de morceaux de caoutchouc plus rigides, sensés encadrer le pied et votre foulée pour éviter qu’ils ne débordent et sortent….des rails comme on dit vulgairement. Sur la partie intérieure, le GuideRail s’étend du talon jusqu’à l’arche du pied. À priori, rien de neuf. Sur la partie extérieure, il est plus court, mais tout aussi incurvé. Première nouveauté : car jusqu’à présent les chaussures, dont la fonction était de limiter l’hyper-pronation et de contrer ses problèmes, n’avaient pas ce genre de support. Dans la vidéo ci-jointe, on se rend très bien compte que ces pièces de plastique plus rigides agissent toutes deux comme des rails. Jusque-là, rien de sorcier.

Vous voyez ? La vidéo est bien explicite je trouve. Le principe sur lequel s’est appuyé la marque est également bien simple : les genoux des coureurs à pied concentrent à eux seuls quelques 45% de toutes les blessures associées au running. C’est beaucoup. Et c’est en s’intéressant à ce sujet douloureux que Brooks a donc développé sa nouvelle solution : ses fameux « GuideRails ». Selon la marque, si le pied glisse trop vers l’intérieur pendant la foulée (c’est le phénomène de l’hyper-pronation), le GuideRail, cet élément de stabilité placé sur la face interne de la chaussure, le recentre. Si le pied dévie trop vers l’extérieur cette fois (dans le cas d’une supination excessive), là encore, le GuideRail, placé cette fois sur la partie externe, le recentre. Rien de neuf donc. Rien de neuf, d’accord, mais la beauté de l’histoire c’est, pour la première fois, que ces pièces de maintien ne fonctionnent que si vous en avez besoin. Votre foulée est accompagnée, votre genoux reste libre. Rien n’est forcé, personne n’est contraint, aucune liberté n’est entravée. « Les GuideRails ont été conçus pour optimiser la foulée naturelle, sans chercher à la modifier » confirme Brooks. Avouons que c’est excitant. Excitant et nouveau. C’est aussi la première fois que la marque utilise ce procédé. L’Adrenaline GTS 18, utilisait en effet un système datant de….2003. Oui oui : 2003. Même si la chaussure avait depuis toutes ces années, au fil de ses évolutions, souvent reçues de très très bonnes critiques, le modèle 19 est quand même totalement novateur. Il faut le noter.

Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19

Finalement, pour résumer ce que nous raconte Brooks, on peut dire que le genoux, grâce à ces GuideRails que vous allez utiliser seulement et seulement si vous en avez besoin, va les soulager et donc réduire le risque de blessure. Bien sûr, comme expliqué plus haut, c’est encore pour nous, et vous, tout à fait théorique. Mais l’idée est belle et mérite d’être essayée car, pour la première fois, cette chaussure est autant destinée aux hyper-pronateurs et hyper-supinateurs qu’aux coureurs à foulée neutre. Oui. On sait. Ça paraît fou. Affaire à suivre car vous, comme nous, commenterons régulièrement l’évolution de nos foulées avec ce modèle. N’hésitez donc pas à nous faire remonter vos commentaires, vos critiques, positives, négatives mais toujours constructives sur notre https://www.facebook.com/leblogenduranceshop/. On essaiera de maintenir un dialogue et même de faire intervenir la marque en cas de grosse question.

Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19

Un des autres intérêts de ce modèle c’est son procédé d’amorti. C’est du BioMoGo DNA de l’avant-pied au médio-pied, et un petit coussin de DNA Loft sous le talon. Et pour ceux qui ne savent pas encore de quoi il s’agit, on ne saurait que vous conseiller d’aller jeter un troisième œil rapide à nos explications précédemment rédigées avec amour ici https://leblog.enduranceshop.com/glycerin-16-week-end-brooks-part-ii/, mais aussi ici https://leblog.enduranceshop.com/week-end-brooks-part-i/.

Pour résumer, c’est simple : disons que ce duo de composés relativement légers made in Brooks apporte un bel amorti sans rechigner sur le dynamisme de la chaussure. C’est même son point fort. Mousse, caoutchouc, air. C’est le triplé gagnant. Et si cette Adrenaline GTS 19 est un poil plus dur, plus ferme que les modèles d’avant, on l’a vérifié, c’est sûrement pour mieux vous accompagner sur les longs km, ne pas vous endormir dangereusement dans trop de moelleux. Cette chaussure pourrait vous réveiller ! Car sa semelle, dans son ensemble, n’est pas souple. Pour vous donner une idée, les semelles des Ghost 11 ou une Launch 5, déjà pas mal rigides, le seraient quand même moins. Mais, une fois de plus, c’est la nature et l’avantage de cette Adrenaline GTS 19 : elle sait tout faire, mais surtout vous soutenir dans les moments difficiles, quand ça commence à tirer sur les jambes au 30ème km par exemple, si vous voyez ce qu’on veut dire…

Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19

La semelle externe

On est une fois de plus dans un cas d’école de chez Brooks. Ça ne s’use pas trop vite et ça ne glisse pas particulièrement sous la pluie. Que demander de plus ? Rien. C’est carré. C’est solide. Ça ne déçoit pas.

Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19
Brooks Adrenaline GTS 19

Conclusion

Gageons que l’Adrenaline GTS 19 ne va laisser personne indifférent. Bien sûr, pour ceux qui recherchent du maintien, je vous parie qu’elle fait le job. Brooks n’aurait pas investi autant d’argent dans une chaussure qui ne marche pas (dans les deux sens du terme). Mais ce que je trouve aussi très intéressant c’est qu’elle peut plaire au plus grand nombre, sur des distances plus grandes. Vraiment, ça c’est une excellente nouvelle. Brooks démarre finit donc l’année 2018 en beauté, c’est le moins qu’on puisse dire.

Dans la même rubrique

Pin It on Pinterest

Share This