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Coureurs du dimanche. Impossible n’est pas français, part II.

3 juin 2020 | Portraits

Par la rédaction. Photos © Coureurs du dimanche, Yanis Ourabah, Mitchell Henderson, Mike Benna, Marcin Czerniawski, Cameron Mourot

Le 19 mars dernier, on avait rédigé un premier article de présentation des p’tits Lyonnais Mathieu Pelestin, Forian Bachelard et Maxime Marchal.

C’était là : https://leblog.enduranceshop.com/coureur-du-dimanche-impossible-nest-pas-francais/. Et c’était bien. Très bien même. Plus de deux mois après, le temps est venu de remettre le couvert et de leur redonner la parole en les passant à la moulinette de nos questions de #sauvages. C’est Maxime Marchal, notamment en charge de la com’ chez CDD qui s’y colle. Thanks bro.

Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français

 Le Blog Endurance Shop : Quel est votre parcours à tous les trois dans le domaine de la course à pied ? Quelles sont vos distances favorites, avez-vous connu le haut niveau, quelles sont vos courses préférées, quelles sont les courses de vos rêves ? On veut tout savoir !
Mathieu Pelestin : J’ai commencé la course à pied il y a 10 ans quand je me suis retrouvé en stage à Paris, je n’avais alors pas la possibilité de faire une autre activité, j’ai enfilé mes baskets et j’ai commencé à faire des tours de pâtés de maison. Très vite je me suis pris de passion pour le running et j’ai participé à mes premières courses. Depuis cette date, je continue à courir 2 à 3 fois par semaine en fonction de mon emploi du temps, de mes objectifs et des courses auxquelles je suis inscrit. Pour ma part, je considère le running comme un moment de bien être, je ne cours pas forcément pour la performance mais surtout pour le plaisir. En tant que marseillais, si je dois citer une course, ça serait le Marseille-Cassis ! Enfin, concernant ma course de rêve, je ne vais pas être très original en citant le Marathon de New-York.
Florian Bachelard : J’ai toujours pratiqué le sport et notamment le tennis étant plus jeune. Je me suis mis à la course à pied durant la période étudiante puis de fil en aiguille j’ai accroché des premiers dossards pour me mesurer aux autres. Ma distance favorite reste le semi-marathon. Au fil du temps, je me suis dirigé vers le triathlon qui est aujourd’hui ma discipline préférée. Mes courses favorites sont les formats Ironman et mes deux courses de rêve sont le Norseman pour le triathlon et l’UTMB pour la course à pied.
Maxime Marchal : Je me rappelle avoir remporté des cross à l’école, sans réellement considérer la course à pied comme un sport mais comme une compétence au service du football que je pratiquais en club. Ce n’est qu’à mes 18-20 ans, en mettant un peu le football de côté, que la course à pied a pris une place plus importante, au point de faire 3/4 sorties par semaine. Puis en tant que passionné des sports d’endurance et des challenges, je me suis testé au triathlon puis au format Ironman. Ma distance favorite est le semi. J’ai beaucoup apprécié le marathon de Paris mais aussi le semi de Lisbonne. Un de mes objectifs serait d’accomplir les 6 marathons majeurs.

Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français

Le Blog Endurance Shop : Lequel est vraiment à l’origine de l’idée de la marque et qu’est-ce qui vous a donné l’idée de vous lancer ?
Maxime Marchal : Nous n’arrivons pas à donner un nom plus qu’un autre. C’est vraiment parti d’une envie commune de créer quelque chose de responsable, transparent, qui ait du sens et un impact direct. Partageant la passion du running, le textile sportif a vite été le symbole de ce qui était pour nous déraisonné. Nous courions avec des équipements sportifs provenant d’Asie, fabriqués dans des conditions hyper opaques (où? par qui? dans quelles conditions de travail?), ayant fait 3 fois le tour de la planète avant d’arriver dans nos placards. À quoi bon ? En tant que lyonnais et proches d’un gros bassin de textile, on s’est dit qu’il y avait une alternative plus locale et responsable à proposer pour nous faire tous courir autrement.

Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
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Le Blog Endurance Shop : Qu’est-ce que ce confinement vous a apporté de positif pour la marque (des réflexions, des idées, des réalisations…) ? Plus globalement, quelles sont les choses positives que vous retenez de tout ça ?
Maxime Marchal : Cette crise nous a montré tout le paradoxe de la mondialisation : capable à la fois de nous rendre plus forts en nous permettant de créer, de voyager et de vendre partout sur le globe, mais aussi de nous rendre tout aussi vulnérables lorsqu’une action locale à des milliers de kilomètres de France engendre des répercussions mondiales sur la santé et l’économie. S’il faut en tirer du positif, elle nous a montré notre capacité à nous adapter et à changer nos habitudes (de travail, de consommation, de faire du sport) dans un contexte particulier. Rien n’est donc ancré. Un autre modèle est possible : plus local, plus responsable, plus solidaire, moins dépendant d’autres pays, et cela dans tous les domaines : de l’alimentation au textile sportif en passant par l’automobile. Nous tirerons des enseignements à la fin de cette période mais notre optimisme nous pousse à croire que nous aurons les prises de conscience nécessaires pour revenir à l’essentiel, au local. Le champ des possibles est ouvert.

Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
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Le Blog Endurance Shop : Pour la marque, même si on imagine bien que cela a été difficile, que prévoyez-vous pour faire parler de vous prochainement et faire revenir les gens sur vos produits ?
Maxime Marchal : On sent une vague de solidarité, une volonté de revenir à une consommation plus locale et responsable d’une grande partie de la population. Les sportifs vont sortir à nouveau, pratiquer la course à pied, reprendre possession des quais, des parcs, des grands espaces. Nous serons là pour les équiper. Notre nouvelle collection d’été vient d’être lancée. Nos débardeurs femme arrivent aussi dans les prochaines semaines, pour les premières belles chaleurs.

Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
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Le Blog Endurance Shop : Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur le côté technique de vos produits : le look est fort, c’est sûr, mais comment qualiferiez-vous la respirabilité, la résistance à l’usure, la douceur des matières ?
Maxime Marchal : Nos vêtements de sport sont adaptés à la pratique sportive. Nous avons à la fois des coureurs débutants et des ultra-trailers qui portent la marque. Néanmoins notre positionnement n’est pas sur l’ultra-technique, d’autres marques le font très bien. Notre objectif est de proposer des produits performants sur tout type de distance, sur route comme sur trail. Nos matières techniques recyclées absorbent et évacuent la transpiration efficacement. Les sportifs sont d’ailleurs parfois intrigués sur les salons lorsqu’on leur explique que nos produits sont fabriqués à partir de bouteilles plastiques recyclées. Ils se sentent obligés de les toucher pour s’apercevoir qu’il n’y aucune différence au toucher et en douceur par rapport à une matière technique vierge.

Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français

Le Blog Endurance Shop : Question prix, vous êtes quand même un peu chers. Qu’avez-vous à dire sur ce sujet ?
Maxime Marchal : La vraie question est quel est le bon prix ? Et quelle est la réalité derrière un maillot de sport vendu 10, 20 ou 30€ ? La réalité est que ce maillot aura été fabriqué pour 2€ à l’autre bout du monde, dans des conditions opaques sans prendre en considération l’Homme et l’environnement. Ce qu’il faut savoir c’est que derrière chaque produit fabriqué, il y a le prix économique, celui qu’on paye à la caisse et qu’on regarde tous car il nous impacte directement, mais il y aussi le prix social, c’est à dire l’emploi qu’il crée, les gens qu’il soutient, l’économie qu’il génère et particulièrement en France, lorsqu’on vit en France. Enfin, il y a le prix environnemental, c’est à dire l’impact que sa fabrication va laisser sur la planète. Il se définit par son bilan carbone qui va être très négatif si le produit est fabriqué à l’autre bout du monde à partir de matières vierges issues du pétrole (polyester), s’il a été teinté en respectant les normes Oeko Tex ou non, etc… Une fois qu’on a acheté ce type de maillot, que reste-t-il de notre acte d’achat ? On a fait une belle affaire mais le prix social et environnemental est catastrophique. Depuis 40-50 ans, on a été mal habitué en pensant qu’un maillot à 15€ était un bon prix. Une chose est sûre, aujourd’hui la planète nous prouve le contraire. On ne peut plus continuer ce type de modèle déraisonné en prenant en compte uniquement le prix économique et en délaissant les 2 autres critères. Chez Coureur Du Dimanche, nos maillots sont vendus à partir de 59€, c’est le prix que l’on considère juste, rémunérant équitablement l’ensemble des acteurs la chaine de valeur. C’est le prix de la transparence, le prix d’une fabrication française soutenant l’emploi et l’économie locale, le prix d’une fabrication à partir de matières recyclées sans détraquer la planète, dans des conditions de travail légales régies par le code du travail français au coût du travail français. Nos produits sont éco-responsables, créés de l’emploi, coûtent 8 à 10 fois plus chers à produire que ceux des grands équipementiers fabriquant au bout du monde, et pourtant nos prix sont similaires aux leurs. Notre prix est le juste prix pour créer un impact positif.

Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français

Le Blog Endurance Shop : Qui s’occupe des design chez vous et comment travaillez-vous parce qu’ils sont vraiment top ! On est grave fan !!!
Maxime Marchal : Merci beaucoup ! Effectivement le design produit a toujours été au centre, dès le départ. Faire des produits locaux et éco-responsables, c’est génial mais s’ils ne sont pas jolis et attractifs, cela sera compliqué de convaincre. Nous travaillons chaque nouvelle collection en élaborant tout d’abord un tableau des tendances et des envies qui nous inspirent pour les futurs modèles (couleurs, motifs, thèmes). Nous affinons nos choix et fixons la direction que nous souhaitons donner à cette collection puis nous faisons appel à des graphistes qui viennent nous faire des propositions sur la base de notre pré-sélection. C’est un travail d’équipe. Nous avons habituellement une gamme tricolore aux lignes minimalistes et intemporelles et une gamme plus excentrique aux motifs plus osés et saisonniers.

Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français
Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français

Le Blog Endurance Shop : Quels sont vos plans, vos projets, vos idées pour 2021 ?
Maxime Marchal : 2021 sera plein de challenges. Nous travaillons déjà sur de nouveaux produits pour étendre la gamme. L’idée est de proposer la panoplie complète du sportif que ce soit en haut du corps, en bas du corps et au niveau des accessoires. Nous allons donc accélérer sur ce point tout en respectant notre fabrication française à partir de matières recyclées. Nous allons développer notre présence magasin. Le COVID-19 nous a un peu coupé l’herbe sous le pied mais on espère référencer la marque dans de nombreux magasins Endurance Shop partout en France.

Coureurs du dimanche. Impossible n'est pas français

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