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10 776 finishers au 12ème EcoTrail Paris (dont quelques Endurance Shop boys & girls)

Par la rédaction. Photos © Christophe Guiard, anthony Chaumontel, Rémi Portier pour EcoTrail Organisation.

EcoTrail Paris 2019
EcoTrail Paris 2019
EcoTrail Paris 2019

A l’issue de 3 jours d’épreuves, la 12ème édition de l’EcoTrail Paris s’est donc achevée ce dimanche, enregistrant un vrai succès de participation et 10 776 finishers !  Course unique au monde, la Verticale de la tour Eiffel a d’abord lancé les hostilités mercredi dernier et nous en parlions ici : https://leblog.enduranceshop.com/la-verticale-de-la-tour-eiffel-photos-et-resultats/. Au terme d’un effort exigeant dans des conditions météorologiques particulièrement ventées, 130 participants ont donc pu se mesurer aux 1665 marches du monument parisien le plus emblématique au monde. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, pour la 5e année consécutive, le Polonais Piotr Lobodzinski et l’australienne Suzy Walsham remportent la Verticale de la tour Eiffel. Piotr Lobodzinski gagne en 7 minutes 53 secondes et 97 centièmes et Suzy Walsham en 10 minutes 16 secondes et 57 centièmes. Les deux athlètes sont donc invaincus dans cette course, depuis sa création en 2015. C’est surprenant mais c’est comme ça ! Quant à samedi dernier, se déroulait la journée 100% trail running, où les participants ont, comme le disent les organisateurs, « foulé les sentiers de différents parcours de l’ouest parisien allant de 18km à 80km ». Voici notre retour d’expérience et notre interview « spéciale bousculade » de ces organisateurs de talent qu’on apprécie – qui aime bien châtie bien non ?

EcoTrail Paris 2019
EcoTrail Paris 2019

Grâce à des conditions météo clémentes, il ne faisait ni trop chaud ni trop froid, tous les trailers ont pu pleinement profiter du cadre qui s’offrait à eux cette année. On se souvient du temps vraiment infâme de l’an passé (pluie, neige, grêle, bourrasque….un enfer !). La nouveauté 2019 a permis aux finishers du 30 et du 45km d’arriver au pied du parvis du Trocadéro, avec une vue imprenable sur la tour Eiffel. C’est une bonne chose car, finalement, il n’y a pas de raison que seuls les fêlés du 80 puissent en profiter. Sur le mythique 80 km et son arrivée au 1er étage de la tour Eiffel, c’est le basque Benoît Cori qui s’impose en 5 heures 46 minutes et 24 secondes, un homme de la maison Endurance Shop. Benoît est en effet athlète/ambassadeur du magasin d’Anglet, dans le Pays Basque (3 avenue de Bayonne, 64600, paysbasque@enduranceshop.com). Cocoricoooooo !!! Habitué des podiums de la discipline – deux fois vainqueur des Templiers, deux fois vainqueur de la SaintéLyon et vice-champion de France de trail long – le garçon est donc un membre de la famille. On est très #fiers. À noter que Benoît est également sous contrat avec Scott International. On le dit en passant. Chez les femmes, c’est Maryline Nakache qui passe la ligne en premier, après 6 heures 54 minutes et 47 secondes d’effort non-stop. On reviendra sous peu, dans la semaine idéalement, avec une interview exclusive des vainqueurs de cette distance phare.

Concernant notre propre expérience de ce weekend, nous avions 3 reporters dans la course sur le 80 km (Alessandra Rampazzo, Walter Batel et Gaël Couturier), ce qui fait aussi le succès de l’événement, en plus du parcours assez génial sur lequel nous revenons avec une précision d’horloger dans nos Q&R plus bas, c’est la générosité de ces 700 bénévoles d’Ile de France. Après les conditions dantesques de l’an passé pouvant mettre à mal leur motivation (on le serait à moins), ils ont répondu présents sur les différentes missions de signalisation, ravitaillements, départs et arrivées…et nous ne pouvons que les féliciter de leur grand investissement car, franchement, ces gens-là font la différence.

Avant de donner la parole aux responsables de cet EcoTrail Paris, notons que le concept et la marque sont déjà présents dans de nombreuses villes européennes – nos mêmes reporters seront d’ailleurs dans la course le 30 mars prochain en Italie, à Florence. À suivre cette saison, il y a Oslo le 25 mai 2019, Genève le 1 juin 2019, Stockholm le 15 juin 2019, Reykjavik le 5 juillet 2019, Bruxelles le 7 septembre 2019, Wicklow en Irlande le 28 septembre 2019 (nouveauté cette année !), Funchal le 26 octobre 2019 mais aussi, et c’est encore nouveau, Putrajya en Malaisie à deux pas de Kuala Lumpur le 27 octobre 2019,  Madrid le 9 novembre 2019 et, là encore nouveauté, Chiang Mai dans le Nord de la Thaïlande le 24 novembre 2019.

Voici donc à présent notre interview pas piquée des hannetons. Bigre.

Messieurs, concernant cet ÉcoTrail de Paris, on veut vraiment vous féliciter car c’est une très belle épreuve. Cela dit, parce qu’on est pointilleux, on a quelques questions, histoire d’aller au fond des choses et de faire avancer la réflexion. Quand on connaît la région, c’est notre cas, on imagine bien tout le travail qu’il y a derrière.

Le Blog Endurance Shop : Pendant la course hier, trois de nos journalistes collaborateurs ont fait le 80 km, sans oublier d’autres coureurs liés directement à certains magasins, comme Bourg-la-reine ou Versailles. Nos équipes étaient donc dans la course. Première question sur ce 80 km : Savez-vous quelle était la répartition h/f, car les femmes ne nous ont pas semblé nombreuses? Comment faire pour augmenter le nombre de leur participation à votre avis ?
Les responsables EcoTrail Paris : 248 femmes étaient au départ du Trail 80km soit 10,45% ce qui est plutôt plus élevé que les années précédentes. On ne sait pas répondre à la question suivante : qu’est-ce qu’il faudrait faire pour avoir plus de femmes ? Qu’elles en aient envie ? On n’a pas de quota hommes/femmes donc si elles veulent y prendre part, elles le peuvent. La corrélation longues distances et diminution de la participation des femmes est avérée, oui, et elle se confirme chez nous comme ailleurs. Pour info, sur le 45km le % de femmes au départ était cette année de 18,6%, sur le 30km de 27,5% et sur le 18km de 41,0%.

Le Blog Endurance Shop : La questions des ravitaillements, le fait qu’il y en ait si peu, nous a posé problème ; du moins disons qu’on s’est interrogés. On a imaginé que le peu de ravitaillement était lié à votre volonté d’éco-responsabilisation. De nombreuses actions de votre part sont d’ailleurs menées en amont de l’événement, mais aussi en aval : plus de 70 éco-acteurs se sont répartis par équipe afin de nettoyer les parcours après les courses par exemple. On comprend bien sûr l’idée et on est avec vous sur le principe de protéger au maximum notre terrain de jeu mais, quand même, on se dit que 3-4 ravitos sur 80 km (dont un en eau pure alors qu’il fait froid et qu’on est sur une hauteur à l’orphelinat St-Philippe en plein vent !) ça ne fait pas beaucoup. On sait que c’est un peu une tendance ça, de responsabiliser les trailers en les contraignant à porter plus de matériel pour être plus autonomes, mais on se demande si c’est bien votre rôle à vous EcoTrail Paris. En effet, comme on est quand même à chaque fois tout près des villes (on les voit, on les traverse, on est pas au fin fond des Alpes ou d’une jungle exotique) cette réduction volontaire du nombre de ravitaillements nous paraît un peu exagérée, pour ne pas dire trop. Vous pourriez très bien en proposer plus, en les aménageant comme vous le faites déjà (pas de gobelets distribués notamment) non ? Expliquez-nous ce que vous avez voulu faire sur ce sujet parce que pour nous ce n’est pas clair.
Les responsables EcoTrail Paris : Depuis l’origine, le projet est d’éduquer les coureurs à devenir des trailers s’ils ne le sont pas encore. Dans le trailrunning, on parle de semi-autonomie, c’est ni plus ni moins ce que nous proposons. Il ne s’agit pas d’être plus éco-responsable en ne proposant qu’un nombre limité de ravitaillements mais de sensibiliser les coureurs au fait qu’un ravitaillement chez nous ce n’est pas comme sur la route – tu ne le zappes pas, tu apprends à l’intégrer dans ta stratégie de course. Visiblement les coureurs ne s’en sortent pas si mal que cela puisqu’ils sont près de 85% à terminer le 80 km et que personne dans les enquêtes de satisfaction d’après course ne mentionne le nombre de ravitaillements comme  une chose à faire évoluer. Pour la petite histoire, à l’origine le point d’eau du château St Philippe n’existait pas et après 3 éditions on avaient considéré qu’il manquait un point intermédiaire entre Buc et Chaville, d’où le rajout du point d’eau à cet endroit. Il peut y faire froid comme chaud, ce n’est pas quelque chose que nous gérons. Par contre on sait que la vue sur Paris est grandiose.

Le Blog Endurance Shop : Parlons un peu du parcours maintenant si vous voulez bien. Globalement on a beaucoup aimé. L’objectif est réussi, on est quasiment pas dans les villes. Cela étant, ne peut-on pas éviter cette traversée très moche de Montigny-Le-Bretonneux telle qu’elle est aujourd’hui : après le km 8 environ, on prend un pont, on traverse ce qui ressemble quand même à une cité de banlieue pas top… Disons que ce n’est pas le coin le plus joli de la région parisienne.
Les responsables EcoTrail Paris : On n’a pas prévu de raser les zones urbaines pour obtenir un parcours totalement naturel. La ville est présente. On fait en sorte de l’intégrer au mieux dans nos parcours – dès qu’on a des alternatives davantage trail, on modifie les parcours en conséquence mais en aucun cas on va imaginer pouvoir redessiner notre environnement.

Le Blog Endurance Shop : Un truc qui nous a vraiment manqué quand on arrive vers Versailles, c’est de ne pas courir dans les fabuleux jardins du château. On imagine que vous y avez pensé bien sûr. Ils sont vastes et offrent des points de vue sur le château et ses pièces d’eau qui rajouteraient quand même beaucoup au charme de l’affaire. Pourquoi ne pas rejoindre le château par St-Cyr l’École, le traverser de part en part, et revenir vers les Loges-en-Josas ? Ou bien, pour retrouver le bois, un peu de course sur l’avenue de Paris avant de retrouver la forêt Domaniale de Meudon ne choquerait pas, car les contre-allées sont en terre, par exemple. Bon, OK, c’est un parcours différent mais, tout comme l’observatoire de Meudon, ou la Tour Eiffel, ce château de Versailles serait très prestigieux…Qu’est-ce que vous en pensez ?
Les responsables EcoTrail Paris : Nous faisons des choix – le parc du château est réservé aux trailers du 45km qui y restent 7 km et on pourrait imaginer que ceux du Trail 80 km en profitent aussi, mais ce n’est pas l’option retenue à date – rien d’impossible mais pas notre priorité dès lors que ceux du Trail 80km sont les seuls à monter au 1er étage de la Tour Eiffel – ils ne sont pas à plaindre.

Le Blog Endurance Shop : Le bois de Meudon. Quand on ne connaît pas, quand on ne s’y repère pas, on ne voit peut-être pas tous les petits lacets qu’on est obligé de faire. Mais quand on connaît, on est un peu lassé de repasser souvent au même endroit, à quelques centaines de mètres. Là encore, n’est-il pas possible de proposer autre chose ? Pourquoi ne pas, à ce moment-là basculer sur la forêt domaniale de Verrière ? Le sud de Vélizy est particulièrement vert (Jouy-en-Josas, Saclay, Vauhallan, Bièvres….) et donc propose un terrain de jeu potentiellement infini. Non ?

Jean-Charles : Je confirme que les possibilités sont multiples, mais pas forcément infinies. Nous travaillons de concert avec l’ONF et c’est avec eux que l’on valide les parcours en évitant de faire tourner les gens en rond. On ne dit pas qu’on ne fera pas des variantes mais à date ce qui a été retenu permet d’éviter un maximum la traversée de routes ce qui nous serait imposé pour rallier les villes citées. 

Le Blog Endurance Shop : Après St-Cloud, on imagine bien là encore que pour des raisons logistiques et pratiques pour vous organisateurs, le parcours le long des quais est ce qui est le plus logique, le plus facile à réaliser. Mais ne peut-on pas espérer à l’avenir une traversée du Bois de Boulogne qui, là encore est un monument en terme de verdure dans le quotidien des parisiens ? On finirait par un peu de 16ème avec une arrivée au Trocadéro et une descente sur la Tour Eiffel qui serait quand même plus sympa que ces quais de Seine qui ne sont pas terribles et se font côte à côte avec la circulation.
Jean-Charles : C’est une option que l’on a envisagée à de multiples occasions mais dans le meilleur des cas on multiplie à chaque fois le nombre de traversées de routes par 2 en ne modifiant que 10 % du parcours – pas cohérent au-delà du fait de pas avoir du tout la garantie d’obtenir les autorisations nécessaires.

Le Blog Endurance Shop : L’arrivée au premier étage de la Tour Eiffel. Rien à redire, ça fonctionne bien, très bien même. On ne comprend pas trop si le chrono s’arrête avant les marches ou après, une fois en haut, mais c’est pas très grave. Seul bémol : le froid, le vent. À l’arrivée en haut, c’est difficile de ne pas choper la mort. Ne peut-on pas imaginer trouver une solution pour couper le vent qui nous tue et nous force à redescendre au plus vite alors qu’on aimerait en profiter un peu plus.

Les responsables EcoTrail Paris : Ce n’est pas dans nos moyens de réguler la vitesse du vent ou les températures ressenties. Le cahier des charges de la Tour Eiffel ne nous permet pas d’installer des barnums où les gens puissent rester plus longtemps. Ceux qui veulent rester le peuvent – certains se changent rapidement, utilisent leur couverture de survie, d’autres n’ont qu’une envie redescendre. Cela reste des choix personnels. On regrette qu’il puisse y faire si froid mais par expérience on sait que les coureurs retiennent les sentiments qu’ils ont eus durant l’ascension et pas ce qui suit alors…

Le Blog Endurance Shop : Dernière question : avez-vous déjà imaginé changer la date de la course pour la mettre à une période où la météo est plus clémente : printemps ?
Les responsables EcoTrail Paris : l’EcoTrail est en début de saison car on pouvait l’organiser à cette période là, ce qui n’est pas le cas de toutes les courses qui ont lieu en environnement montagne. En parallèle de cela, on devait aussi tenir compte des contraintes de la Tour Eiffel en matière d’organisation – dès que les beaux jours s’installent ils ont beaucoup plus de visiteurs et cela rendrait l’organisation de la course quasi impossible. Ce serait aussi le cas sur les quais de la Seine, dès qu’il fait beau, ils sont envahis ; sur l’île au cygne reliant le pont de Grenelle au pont Bir Hakeim les coureurs peineraient à trouver leur chemin. On restera donc à cette période de l’année.

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