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Eliud Kipchoge : que pense-il ? Comment se sent-il ? Et qu’en pensent les autres ?

19 août 2019 | News

Par la rédaction. Photos © INEOS 1:59 Challenge

Notre Kenyan s’affiche en forme. En témoigne ce qu’il veut bien raconter à la presse. Morceaux choisis.

Eliud Kipchoge
Eliud Kipchoge
Eliud Kipchoge

Comment se sent-il ?

« Question entraînement, je crois que mon corps est bien, je me sens bien. Je suis encore dans la phase où j’engrange les km pour être prêt à assimiler la distance sans soucis, mais je suis maintenant prêt à démarrer les séances de vitesse sur piste. Chaque phase d’entraînement est là pour préparer le corps à la prochaine. Et ainsi de suite. Mon job est simple : m’assurer que je termine la séance d’entraînement non seulement dans un bon chrono mais aussi d’une façon qui montre que je progresse. Logique non ? ».

Comment se passe son camp d’entraînement de Kaptagat, Kenya, dans la fameuse Rift Valley ?

« Ça se passe très bien ! Je partage ma chambre avec mon ami Augustine Choge, l’un de mes pacers pour cet INEOS 1:59 Challenge. C’est très agréable de connaître quelqu’un aussi bien et de pouvoir m’entraîner avec lui. Ça fait 15 ans qu’Augustine m’aide dans mes différents challenges. Il y a d’autres gars dans le camp qui seront présents à Vienne cet octobre également. Leur enthousiasme fait plaisir à voir et c’est clairement quelque chose qui me pousse à continuer à aller de l’avant. Mais ce n’est pas seulement ici au camp que je viens puiser ma motivation. Dehors, quand je suis en voiture dans Kaptagat et Eldoret, il y a beaucoup de gens avec des autocollants INEOS 1:59 sur leur voiture et ça me fait vraiment plaisir. On a l’impression que c’est tout le Kenya qui pousse et se tient derrière moi avec ce projet. Ça m’inspire vraiment. Près de mon lit, j’ai un poster avec une citation de Nelson Mandela : le sport a le pouvoir de changer le monde. Le sport a le pouvoir d’inspirer les gens. Le sport a le pouvoir d’unir les gens d’une manière que peu de choses peuvent le faire. Le sport parle un langage que les jeunes comprennent aisément. Le sport peut faire surgir l’espoir quand il n’y avait auparavant que du désespoir »*

Quelles sont les différences dans la préparation d’Eliud Kipchoge avec le projet Breaking2 de 2017 ?

D’après son manager, les fondamentaux du programme d’entraînement sont quasiment les mêmes mais il y a quand même quelques différences d’importance et notamment l’introduction de deux entraînements par semaine de renforcement musculaire. « Mon ami de longue date et également physiothérapeute Peter m’a initié à ces exercices pendant ma préparation au marathon de Berlin 2018 et j’ai vraiment ressenti les bénéfices » a déclaré à la presse Kipchoge. Il poursuit : « Je ressens désormais bien moins de stress sur mes ischio jambiers car j’ai plus d’abdominaux qu’avant. Et je ne suis pas le seul. Les autres athlètes qui sont avec moi font tous la même chose. Cela dit, mon entraînement n’est pas très compliqué. C’est cette simplicité qui fonctionne pour moi. J’ai confiance en elle et je suis sûr qu’elle me mènera au succès à Vienne très prochainement ».

Eliud Kipchoge
Eliud Kipchoge
Eliud Kipchoge

Ce que pense de tout ça son manager Valentijn Trouw 

« Notre principal problème c’est de conserver Eliud aussi en forme que possible. Il ne doit pas se blesser. Il doit être au top. Nos efforts vont dans le sens de sa protection, pour éviter d’avoir à mettre en place une guérison, quelle qu’elle soit. Pour cela, on cherche à agir sur n’importe quel petit problème avant qu’il ne devienne plus important et donc devienne un vrai problème. Eliud est dans de très bonnes mains avec Patrick Sang aux commandes de son entraînement de course à pied. Moi et mes équipes nous n’avons donc pas à intervenir là-dessus. On s’assure juste que l’équipe – les coachs, physiothérapeutes, nutritionnistes, médecins du sport et autres managers vont dans le même sens, travaillent tous ensemble. Si nous réussissons à amener Eliud sur la ligne de départ sans qu’il ait été malade ou même blessé, nous aurons – presque – rempli la mission. Les jours précédant l’événement, mon rôle sera de faire en sorte que tous les problèmes, toutes les distractions éventuels restent éloignés d’Eliud. Il doit pouvoir se concentrer complètement sur sa routine habituelle et se préparer dans le calme, dans ce silence qu’il apprécie. Bien entendu, il sera un peu nerveux. C’est normal. Mais en restant concentré sur toute la préparation qu’il a réalisé, en prenant bien conscience de ses forces et de tout son travail réalisé pour arriver le jour J au top de ses capacités, il sera en mesure de contrôler ses nerfs. Nous serons tous un peu nerveux. Nous savons bien les efforts qui ont été produits par les uns, et par les autres. Battre ce chrono de deux heures, passer cette barrière horaire, ça veut vraiment dire beaucoup pour nous. Je crois qu’il peut le faire. Oui, il peut vraiment le faire. Pour réussir, dans quelque discipline que ce soit, un athlète doit toujours commencer par croire que c’est possible, croire qu’il peut le faire. Quand je parle à Eliud, quand je le regarde, je lis dans son cœur. Je ne me contente pas de le suivre de loin. Et ce que je vois, c’est cette croyance, cette confiance. C’est sa conviction qui m’a fait croire en ce projet. Si lui y croit, alors ça veut dire que c’est possible. Alors moi aussi j’y crois ». 

Eliud Kipchoge

Ce qu’en dit son coach Patrick Sang

« Je ne me souviens pas forcément de quand j’ai rencontré Eliud pour la toute première fois. Mais je me souviens de ce garçon de 16 ans qui venait sur la piste en terre de Nandi County et qui me demandait des plans d’entraînement. À l’époque, je ne savais bien sûr pas qui il était, qui il allait devenir. Je lui ai donné un plan sur deux semaines. Au bout des deux semaines, il est revenu et il m’a dit : « Et maintenant ? ». C’est comme ça que tout a commencé. Si j’avais refusé de lui consacrer un peu temps, que ce serait-il passé ? Serait-il là aujourd’hui ce phénomène du marathon ?

La course à pied m’a tellement donné, ce sport m’a tellement apporté. Je me dois maintenant de donner de mon temps, de faire partager mon expérience. Et quand je vois un gamin comme Eliud qui n’était rien du tout et qui aujourd’hui est un des plus grands marathoniens de tous les temps, vous n’imaginez pas à quel point je suis satisfait. Moi-même, je n’ai pas les mots pour le dire. Quand j’ai commencé à le coacher, Eliud était un garçon très différent. C’était un diamant brut et personne ne pouvait dire qu’il allait devenir si brilliant. Aujourd’hui j’apprends beaucoup de lui, de ce qu’il fait de sa vie, de ses valeurs. Eliud est quelqu’un qui croit au travail, à la discipline, à la patience, à l’humilité. Peu importe ce que vous avez gagné, peu importe jusqu’où vous êtes arrivé, Eliud pense que vous devez rester humble. Ce n’est pas facile. Beaucoup d’athlètes oublient d’où ils viennent, l’argent leur monte à la tête, ils font n’importe quoi. Mais pas lui, pas Eliud. Une autre de ses qualités c’est qu’il croit en lui comme personne. Je n’ai jamais rencontré un athlète capable de croire en lui comme le fait Eliud. Je crois que son message dépasse la course à pied. Ce qu’il dit en substance c’est que nous pouvons tous croire en nous, peu importe notre passé, et peu importe nos buts. Quand il dit qu’on peut tous repousser nos limites, et bien en réalité, il y croit vraiment. C’est cette force de caractère, cette confiance en soi qui va le faire devenir le premier homme à descendre sous les deux heures au marathon lors de cet INEOS 1:59 Challenge ».

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