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Sa mission est claire : vous placer en orbite. Loin du sol.

Par la rédaction, avec Charles-Alexandre Boczmak. Photos © Lacerations, Charles-Alexandre Boczmak.

323g (H), 249g (F).
Hauteur talon de 37,1 mm (H) et 35,6 mm (F), hauteur avant-pied / métatarses de 26,1 mm (H) et 24,9 (F) et drop de 11 mm (H) et 10,7 mm (F).
170€.

Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2

La Wave Sky 2 n’est pas une chaussure comme les autres. D’abord, évidemment, il y a son prix. D’accord. Mais il se justifie. On est dans le haut de gamme. Voyons ça.

Les deux dernières chaussures du fabricant japonais d’Osaka que nous avions testées étaient la Wave Inspire 14 et la Wave Rider 11. Nos papiers critiques sont ici :

http://leblog.enduranceshop.com/soupline-soupline/ http://leblog.enduranceshop.com/sexy/.

On vous renvoie donc à ces p’tites histoires pour comprendre à quel point Mizuno est une marque historiquement technique, très technique même, pour qui la R&D tient une place à part. Ils appellent ça le « Kaizen », en japonais : la recherche de l’amélioration perpétuelle. Alors oui, OK, Mizuno manque parfois du marketing agressif et créatif que certains de ses illustres concurrents ne rechignent pas, eux, à utiliser à plein régime mais c’est la culture japonaise qui veut ça. Disons qu’ils ne se vautrent pas dans la publicité, dans la provocation. Ils restent zen, plus sobres, travaillent dans l’ombre, avec le plus grand des sérieux. C’est une question d’honneur. Et cela ne nous déplaît pas. Au contraire ! Mizuno est une marque très respectable, on ne peut plus sérieuse, dans le sens où leur matériel de sport fait l’objet de la plus grande attention, toujours. C’est une marque que les coureurs à pied passionnés, que nous sommes, que vous êtes aussi sûrement, connaissent et suivent depuis longtemps. On ne peut donc pas, les uns et les autres, passer à côté d’une marque si importante de notre culture running. Ils n’ont pas besoin de nous pour ça, restons humble, mais ça nous fait du bien de le dire. La R&D, et donc le développement de la technologie, c’est clairement la force principale de ces japonais-là; ils sont d’Osaka (Asics est de Tokyo – Mizuno est d’Osaka).

La tige

Dès les premières foulées, la qualité du chausson interne se fait ressentir. On est dans du douillet les amis. A ce prix-là, vous me direz, c’est peut-être normal. Je note en particulier plus de mousse sur le collier de la cheville, côté malléole. Un vrai plus. Elles me rappellent en ce sens et très précisément une paire d’Adidas Glide Supernova de 2013. C’est dire qu’il y a bien longtemps que je n’ai pas mis mes pieds dans un modèle vraiment très confortable. Le mesh, retravaillé par Mizuno grâce à leur technologie « Triple zone Dynamotion Fit » est particulièrement bien fini. Le pied est bien maintenu, la matière est aérée sans point de pression. Rien à redire.

Passons à un point qui va peut-être fâcher : le laçage. Clairement un point négatif des modèles précédents, je me rends compte que les japonais ont ici travaillé sur le problème d’un laçage imprécis, flottant. Désormais, votre coup de pied est plus serré (largeur de l’espace de laçage passe de 3,5 cm sur les versions 18 et 19 à 2,5 cm ici), ce qui peut offrir un meilleur maintien. C’est un problème que j’avais donc vécu avec les modèles précédents, 18 et 19. Cela dit, je trouve encore que les lacets en eux-mêmes sont trop longs et trop élastiques pour jouer parfaitement leur rôle en séance rapide type VMA. A vitesse élevée, en effet, j’ai encore ressenti cette désagréable sensation de flottement. Bien entendu, elle disparaît dès qu’on ralentit la cadence. En ce qui me concerne, sur une chaussure comme ça, je change les lacets et les remplace par des lacets classiques que je trouve dans le commerce, des lacets qui ne sont donc pas élastiques. Car à trop vouloir offrir de confort, ces Rider 20 peuvent donc s’avérer imprécises dans le domaine de la tenue de pied, à haute vitesse seulement, je le répète. Petit conseil : n’utilisez pas vos anciens lacets de vos autres paires de chaussures car ils peuvent avoir subi une bonne usure au niveau des œillets et ne plus vous apporter la sécurité espérée. Cela étant dit, et une fois les lacets changés, le maintien du pied apporté par cette nouvelle tige est idéal. Le pied ne flotte pas, il n’y a pas de point de pression particulier sur le coup de pied et le talon est également bien pris.

Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2

Bien sûr, nous avions aussi testé la Wave Sky 1, le modèle femme. C’était il y a pile poil un an : http://leblog.enduranceshop.com/mizuno-wave-sky/. La chaussure avait une épaisse semelle, comme cette nouveauté-là, très amortissante, une tige très travaillée déjà, complexe. Aujourd’hui nous vous parlons du modèle homme. La nouvelle Wave Sky 2 reste dans cette lignée, et elle ne déçoit pas. Dans le même esprit que sa petite sœur, elle s’adresse avant tout à celles et ceux qui recherchent amorti et durabilité. Mais cette fois, nous la recommandons à tous les coureurs, du débutant au coureur confirmé. Car chacun y trouvera son bonheur : protection et sûreté pour les uns, amorti indispensable pour les longues distances pour les autres. Car, ne nous y trompons pas, cette nouvelle Mizuno Wave Sky 2 est sans conteste une chaussure pour accumuler les km à l’entraînement, pour faire de longues distances, en compétition, oui, aussi, en étant à la fois haut perché et très protégé. Ça vous rappelle Hoka One One et les semelles oversize ? N’exagérons rien mais nous vous avions en effet déjà exprimé cette idée la dernière fois en effet : la Sky est la chaussure qui va vous permettre de conserver votre élégante foulée malgré la fatigue et les chocs répétés sur le bitume. Fan de Mizuno, rassemblez-vous ! Car la Wave Sky 2 a  encore fait des progrès étonnants ! Voici en quoi.

La tige

D’abord il faut dire que si nous avions beaucoup aimé la première version de la Wave Sky qui, comme son nom l’indique vous place bien haut par rapport au sol (plus proche du ciel donc, le « sky » en anglais), on ne peut qu’être surpris par le changement de design du nouveau modèle. Comme celle de la première version, la tige est composée de plusieurs couches de mesh. Avant toute chose, notons que son design est librement inspiré d’un type de papillon, nommé « Chessnut Tiger », le Parantica sita Tytia, de son nom binominal. Il s’agit d’un grand papillon asiatique qui migre entre les différentes îles du Japon mais que l’on retrouve aussi dans les autres pays d’Asie du Sud-Est comme la Malaisie ou le Vietnam, ainsi que dans des régions himalayennes comme le Nord de l’Inde et le Tibet. C’est une première chose.

Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2

Ensuite, la nouvelle création de Mizuno sur cette tige s’appelle l’AeroHug. Elle est assez bluffante. C’est une fine couche qui va chercher le pied par le dessous et l’entoure jusque sur ses côtés, comme une bande de maintien si vous voulez, sans toutefois l’enrober complètement sur le dessus et venir gêner le laçage ou vous donner la sensation que votre pied est enfermé, contraint. Cette « pellicule » n’est là que pour vous offrir un meilleur maintien et également participer à une meilleure sensation d’amorti. Elle apparaît clairement à travers le mesh, en rouge, à différents endroits du mesh grillagé. Regardez bien les photos.

Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2

Ce système de l’AeroHug, littéralement le « calin aérien », joli nom, est donc indépendant du mesh externe et intervient au niveau du médio-pied. Son but est simple : accompagner encore mieux que d’habitude le mouvement de votre pied pendant la foulée, et éliminer l’espace éventuel entre le pied et la tige qui l’entoure. Grâce au système AeroHug, la chaussure devient donc à la fois plus précise, plus efficace, plus confortable aussi. Ça fonctionne tellement bien que cette Wave Sky 2, avec aussi bien sûr ses qualités de semelle, peut être utilisée par ceux qui souffrent d’une légère hyper pronation – alors que ce modèle se veut avant-tout un modèle neutre, soyons clairs. Le résultat de toute cette technologie au niveau de la tige c’est que le modèle, sans doute, ne sera pas aussi respirant qu’on aimerait en plein été, sous un soleil de plomb et une humidité asiatique. C’est difficile pour nous de le vérifier vu les conditions météo actuelles en Europe où nous sommes les uns et les autres basés mais disons que c’est une mise en garde que nous exprimons-là. Étant donné qu’on rentre dans l’hiver, cela ne devrait toutefois pas poser de soucis. On vous laisse vérifier.

On note aussi que la languette est assez courte : elle ne monte pas très haut, du tout, et nous avons eu au départ quelques difficultés à l’attraper pour la placer correctement sur le pied. Cela étant, elle ne gêne pas. C’est plus le « manque » de languette qui manquerait ! Après plusieurs utilisations, nous nous y sommes toutefois adaptés.

Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2

À propos de la semelle de propreté, comme sur la Wave Sky 1, elle est épaisse et amortissante. Un peu trop lourde ? Nous l’avons parfois lu dans les critiques sur Internet. Non. Elle va dans le sens de ce modèle et apporte au contraire une protection supplémentaire. C’est le but et c’est très bien comme ça. On peut être tatillon et râler mais là clairement, ce ne serait pas juste.

On termine en disant que, clairement, un effort a également été fait pout accommoder le talon : celui-ci est particulièrement bien tenu grâce à un collier de cheville très (très) épais. On aime ou on  n’aime pas. C’est à chacun de voir et donc d’aller essayer la chaussure en magasin pour se faire sa propre opinion. Toutefois, on ne peut nier l’effort fait par Mizuno à cet endroit de la chaussure pour essayer de maximiser le confort de l’utilisateur. Cela va dans l’esprit de proposer ce modèle pour les longues distances et les entraînements qui s’étirent en longueur.

Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2

La semelle intermédiaire

Cette semelle, contrairement à la tige très légère de la chaussure, est beaucoup plus imposante. Il y a là un vrai contraste. À l’intérieur, il y a d’abord l’U4ic, puis la plaque Wave, et le talon découpé pour une meilleure transition lors de la foulée pour ceux qui attaqueraient le sol par le talon.

Pour un historique de la plaque Wave, on vous renvoie à cet article au sein duquel nous avions recensé la progression technologique de cette plaque. C’est là : http://leblog.enduranceshop.com/soupline-soupline/

Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2

Ici, c’est donc l’U4ic qui est avant d’abord utilisé sous votre petit pied. C’est un matériau amortissant et dynamique développé par Mizuno, il a fait son apparition pour la première fois en 2013, et permettrait de gagner jusqu’à 30% de légèreté en plus par rapport aux autres mousses que la marque utilisait auparavant. À notre avis c’est un succès. C’est en effet bien amortissant. Vu l’épaisseur, vous remarquerez, ce n’est pas difficile…

Ensuite, sous cette couche d’U4ic, il y a la plaque, au talon seulement. Pour l’intérêt de la plaque Wave et de son fonctionnement, rien de mieux que cette petite vidéo explicative made in Mizuno (plus bas). Toute plaque Wave de Mizuno est un système amortissant et un système dynamique à la fois. Mais c’est aussi un système qui aide à conserver une foulée stable, car elle offre un excellent maintien. En résumé : la plaque Wave, qui aide au déroulé du pied lors de la foulée, peut aussi servir de renfort contre l’hyper-pronation, pourvu que celle-ci ne soit pas trop prononcée. Elle assiste votre foulée, lui procure plus de confort, plus de sûreté aussi. Là encore, ça fonctionne. On est fan. #fan.

Sous la plaque Wave maintenant, Mizuno a ajouté, comme sur la version 1 de ce modèle de chaussure, une couche de U4icX, une version plus dynamique, plus énergique que l’U4ic. Ce mix entre ces deux mousses est de plus en plus utilisé par la marque japonaise car il est sensé apporter un très bon mix entre amorti et dynamisme. Le mélange entre les deux mousses se fait grâce à un design qui fait penser à des dents de crocodile dont les rangées, basse et haute, s’encastreraient l’une dans l’autre. C’est particulièrement visible sur les photos.

Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2

Alors, le résultat de cette semelle selon nous ? La conduite est douce et amortissante, les ondes de choc sont bien réparties sous le pied, que vous attaquiez plus par le médio-pied ou par le talon, ça oui. Toutefois, vu le poids de la chaussure et l’épaisseur de ces mousses U4ic et U4icX, la chaussure ne se destine pas aux courtes distances réalisées à vitesse élevée. C’est le seul contrepoint.

Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2

La semelle externe

On est une fois de plus dans du classique Mizuno : une fine couche de plastique en caoutchouc X10 qui fait un travail incroyable. Il est, nous l’avions déjà relevé, très accrocheur et très résistant. Nous en voulons pour preuve les autres chaussures Mizuno que nous avons testées il y a des mois et qui sont elles-mêmes dotées de ce très bon caoutchouc : elle tiennent toujours la route, au sens propre et figuré !

Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2
Mizuno Wave Sky 2

Conclusion

Une chaussure sans mauvaise surprise qui ravira ceux qui recherchent confort et amorti. Son dynamisme et son poids ne sont pas mauvais en soi, loin de là, mais comme ce n’est pas ce qui lui est demandé, ce ne sont pas ses premières qualités. Le confort est en revanche lui aussi son point fort. C’est d’autant plus normal que cette Wave Sky 2 se destine à des sorties longues, très longues. Pour les coureurs plus débutants, elle rassurera. Pour les coureurs plus experts, elle permettra d’allonger les entraînements et de songer très sérieusement aux marathons et aux ultras. Un modèle pour faire les 100 km de Millau par exemple, course dont nous vous parlions il y a peu, ou plus simplement un marathon. Puis deux. Puis trois. Etc…. 

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