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L’On Cloudflash est-elle faîte pour courir le marathon ?

18 février 2020 | Tests Matos

Par la rédaction, avec Anthony Lasalandra & Gaël Couturier. Photos © Lacerations, On Running.

215,4g (H) et 178,6g (F).
Hauteur métatarse 26,5 mm (H)
Hauteur talon 16,9 mm (H)
Drop de 9,6 mm (H)
189,5€.

C’est LA chaussure de course rapide par excellence du fabriquant suisse. C’est LA chaussure que porte Javier Gomez depuis deux saisons, le quintuple champion du monde ITU, qui a changé de sponsor pour aller chez On Running après avoir testé un modèle suisse de nuit, chez lui en Espagne, comme un bandit, quand personne ne le regardait. Véridique. Nous avons testé cette jolie et ultra-light Cloudflash sur la fin de l’automne, à l’extérieur et sous un climat sec et méditerranéen, ainsi qu’une bonne partie de l’hiver sur tapis de course à pied en salle. Il est maintenant temps de vous livrer nos impressions et nos recommandations. La chaussure est en effet exceptionnellement légère et respirante, ce qui a été bien apprécié par notre testeur, un coureur et triathlète rapide et de poids léger. Son look avait d’abord attiré notre attention après avoir testé les autres modèles plus classiques (Cloudflow, Cloudswift et Flyer) mais aussi plus lourds de la marque. Nous avons délibérément choisi de faire ce test en profondeur. Ce modèle incarne les débuts des modèles ultra-light de chez On. Il y en aura d’autres c’est sûr. Nous nous sommes particulièrement intéressés à sa semelle à « nuages », vraiment plus fine que sur les autres modèles de la marque. Peut-on du coup porter ce modèle sur marathon ? C’est la vraie bonne question que nous nous sommes posée (la seule valable en fait).

L'On Cloudflash est-elle faîte pour courir le marathon ?
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La tige

Elle est simple. Elle est parfaite. On a beaucoup aimé.

Elle est réalisée sans coutures internes et d’une seule pièce (c’est ce que la marque appelle le Nanomesh), ce qui la rend vraiment très agréable, surtout si vous avez décidé de la porter sans chaussette. Ce Nanomesh est très respirant. En salle de fitness, vous le savez, c’est essentiel. Nous en témoignons avec joie. Il y a bien quelques petites bandes jaunes de renfort structurel autour du médio-pied (c’est l’autre technologie à l’oeuvre et elle s’appelle l’Exoskeleton) mais elles ne gênent en rien la respirabilité du modèle. Cette autre technologie, l’Exoskeleton, n’est pas épaisse, gênante ou encore lourde. C’est vraiment un ingénieux petit système. Bravo. 

Autre point intéressant sur ce modèle, c’est la coque plastique au talon qui remonte plus haut qu’une chaussure de running classique, un peu à la manière d’une pointe d’athlé’. Elle est donc assez rigide, compense l’extrême souplesse du reste de la tige et fait parfaitement le job : éviter que le pied ne glisse, ne se déporte, bref, faire que votre pied garde sa position pendant toute la foulée. C’est ingénieux et ça fonctionne. Bravo deuxième.

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La semelle intermédiaire

Bien sûr, cette semelle intermédiaire n’est pas bien large, pas bien épaisse. Elle serait même inexistante si l’on en croit Olivier Bernhard, le créateur et big boss de On, dans une interview qu’il a donné à un média anglais dans un discours un peu provocateur. Car bon. Non, la semelle intermédiaire n’est pas absente de ce modèle. Elle est fine, très travaillée, presque invisible même. Mais elle est bel et bien là. On le voit d’ailleurs clairement sur les photos : la semelle se divise en trois parties : une fine couche de mousse, une fine plaque de plastique (c’est la Speedboard – on y revient plus bas), et des « pods » pas bien épais non plus. Par conséquent, cette chaussure n’est ni plus ni moins qu’une « racing flat ». Mais le principe qui anime On Running depuis son lancement est bien présent : les « pods », autrement dit ce que la marque appelle les « clouds », c’est à dire les « nuages », est bien présent et c’est sur eux que repose quasiment tout le boulot de l’amorti.

L'On Cloudflash est-elle faîte pour courir le marathon ?
L'On Cloudflash est-elle faîte pour courir le marathon ?

Un critique américain les a d’ailleurs récemment appelés des « petites balles » et même si cela peut paraître étrange, l’idée est loin d’être saugrenue. On imagine bien une balle souple et pleine sur laquelle vous posez le pied. La différence ici c’est que ces balles ne sont pas pleines. C’est un détail qui a son importance car, voyez-vous, quand la semelle – via ses pods – est compressée sur le sol, l’air du milieu des pods disparaît (logique !). Ces pods alors durcissent et deviennent dynamiques, prêt à vous renvoyer en l’air…dans les nuages donc.

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Clairement, ce sont ces nuages / ces pods / ces clouds, qui font la réputation de On jusqu’à ce jour et qui ont fait adopter ce modèle pas beaucoup de coureurs et triathlètes élite du team On (de Javier Gomez, Tim Don et Bart Aernouts, en passant par Germain Grangier et sa copine Katie Schide que nous aimons tant). Ces pods sont accroché à la tige via cette Speedboard en Pebax® (un élastomère thermoplastique, ou TPE, particulièrement résilient et résistant à l’usure) qui, comme sur chaque modèle On, est là pour apporter de la sécurité lors du déroulement de la foulée (un brin pour amortir mais surtout pour éviter que le pied ne parte dans tous les sens) mais aussi – et surtout – du dynamisme (surtout quand vous accélérez et envoyez plus de force dans la chaussure en envoyant vos pieds vers le sol). Jusqu’à un certain point, plus vous êtes capable d’envoyer, plus la chaussure va répondre et vous renvoyer l’énergie. L’énorme principe de cette plaque est qu’elle se plie selon vos besoins, selon ce que vous lui envoyez comme énergie. Elle aide à la dispersion des impacts au sol et offre une barrière intéressante contre ce qui pourrait vous blesser à terme – vue son épaisseur, cela reste relatif (on est bien d’accord) et particulièrement vrai sur courtes distances.

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Cela dit, l’inconvénient principal de ce modèle en particulier c’est aussi sa dureté et si vous n’êtes ni un poids léger ni un coureur rapide, vous allez souffrir sur les longues distances. Le médio-pied et l’avant-pied sont en effet bien durs sous le pied, même pour les jours de courses. Bon, si vous êtes un coureur rapide et que vous avez le pied fin, ou aimez vous sentir bien tenu (ce n’est clairement pas le cas de tout le monde) vous apprécierez les belles qualités de ce modèle.

L'On Cloudflash est-elle faîte pour courir le marathon ?

Le principe des « pods » rappelons-le est de se compresser quand vous posez le pied au sol, c’est le phénomène d’amorti, et de vous aider légèrement quand vous re-décollez du sol  pour vous envolez…dans les nuages justement. Dans le cas présent, la couche de mousse est si petite que les « pods », ou les « clouds » vont absorber un max d’impact et (comme ils n’ont pas tellement d’espace ou s’étendre) vous offrir beaucoup de dynamisme. Ce système a beau être fin, il est bel et bien là et c’est la raison pour laquelle la chaussure Cloudflash est un peu plus lourde que ses consoeurs de la même catégorie « racing flats ». Pour le même prix (façon de parler car la chaussure est dans le haut du panier question prix n’est-ce pas…), vous avez donc une « racing flat » avec plus d’amorti. C’est plus cher, c’est un poil plus lourd mais c’est aussi plus amortissant. À essayer. 

L'On Cloudflash est-elle faîte pour courir le marathon ?

Petite note 

Oui cette semelle, comme toutes les semelles On Running est un peu complexe à comprendre. C’est vrai. Mais retenez surtout pour finir que (1) la couche sous le pied (la mousse EVA) va essentiellement redistribuer l’énergie et finir d’absorber les impacts. La seconde couche, la plaque Speedboard en Pebax®, va réduire les risques de torsion du pied (2), le garder droit dans l’alignement de la foulée mais aussi être source de dynamisme (plus vous la pliez plus elle renvoie). La troisième couche, les pods, vont essentiellement eux aussi procurer l’amorti (3) et, mais dans une moindre mesure, contribuer au dynamisme également. Du coup, plus les pods sont épais, plus la chaussure est amortissante et moins la plaque Speedboard en Pebax® pourra se plier et procurer du dynamisme – à moins bien sûr que vous soyez un coureur lourds (dans ce cas vous aurez moins d’amorti mais plus de dynamisme). C’est clair ? Si si c’est clair. Relisez ça calmement #sauvages.

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La semelle externe

Elle est presque inexistante. Ou plutôt, elle se confond à 80% avec la semelle intermédiaire mais c’est exprès. Le caoutchouc dans lequel sont fabriqués ces nuages dont nous avons longuement parlé résiste particulièrement bien à l’usure. Aucun besoin de leur rajouter une couche de gomme encore plus dure et résistante à l’abrasion, même si On l’a fait sur quelques pods judicieusement placés sous cette semelle externe. C’est aussi toute la beauté et l’efficacité du système On qui permet ainsi de gagner quelques grammes de plus sur ces chaussures.

Conclusion : Un modèle pour aller vite et profiter d’un peu plus de l’amorti que les racing flats classiques. Donc OUI, c’est une chaussure pour semi ou pour marathon – mais seulement si vous êtes rapide à très rapide. « C’est une chaussure très fast mais confortable en même temps » a ainsi déclaré Olivier Bernhard, le boss de On Running. Il a tellement raison.

Les plus : le look, le dynamisme, le confort

Les moins : Rien. Tout est canon. RAS. Ah si, attendez : le prix…

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