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La longue étape est toujours – à juste titre – la plus redoutée.

Marathon Des Sables. Quatrième étape

par 11 avril 2019Évènements0 commentaires

Par la rédaction, avec Gaël Couturier. Photos © Marathon des Sables / Cimbaly

Marathon Des Sables. Quatrième étape
Marathon Des Sables. Quatrième étape

Pour couper court à tous les suspens, voici les résultats après 4 étapes.

Sans surprise, les deux frères El Morabity conservent la tête de course. Rachid est en tête, à 5 min 41 sec de son frère Mohamed mais à presque 45 min du 3eme, un autre Marocain, Abdelaziz Baghazza. Suit un Italien, un autre Marocain, et nos deux français leaders, Merile Robert et Julien Chorier qui est donc particulièrement bien revenu de ses déboires du 3eme jour.
Chez les femmes, depuis le début de la course, la performance de la Néerlandaise Ragna Debats est hallucinante. L’actuelle championne du monde de trail running domine ainsi les débats sans laisser échapper le moindre signe de faiblesse. Elle est ainsi 13eme au classement général, à seulement 3h22’40’’ du premier homme. Une performance qui restera dans les annales et montre, au cas où nous en doutions encore, que le niveau du trail running féminin n’a plus grand chose à envier à celui des hommes, si ce n’est donc encore un peu le chronomètre. La seconde fille, une anglaise, Gemma Game est quant à elle à 6h05’40’’ du premier homme et donc un peu plus de 3h30’ de Ragna Debats !

Marathon Des Sables. Quatrième étape
Marathon Des Sables. Quatrième étape

Ce qui est formidable avec cette grande étape c’est qu’elle fait toujours, chaque année, aussi mal.

Patrick Bauer et ses équipes ont eu beau la raccourcir cette année, sans doute parce que les trois premières étapes étaient déjà bien assez difficiles comme ça, cette longue étape tant attendue tant redoutée, n’en est pas moins restée cauchemardesque. Deux choses ont plus particulièrement ajouté du sel dans les débats de la compétition et dans les petites aventures de chacun d’entre nous : la chaleur, le sable.

Bien entendu les jours se ressemblent et personne à ce stade ne doit s’en étonner. Mais là, pour la première fois, peu importe votre position dans le peloton, que vous soyez élite ou simple amateur anonyme, cette chaleur du désert a fait d’énormes dégâts. Elle vous accable, elle vous rend fou. Et les petites erreurs se paient cash quelques heures plus tard. Deux pastilles de sel manquantes, trop d’eau d’un coup, pas assez de nourriture….et vous prenez une dune en plein visage. C’est une image. L’Américaine Meghan Hicks par exemple, qui a gagné ici il y a quelques années, en a par exemple fait les frais hier, assez tôt dans la course. Refusant d’aller voir les médecins, on ne sait pas vraiment quel a été son souci, ni sa faute. Mais vu sa fatigue clairement visible une fois rentrée au camp, son incapacité à courir puissamment sur ces 76 km comme elle l’a pourtant fait ces derniers jours, semble porter vers une déshydratation. Avec le mal aux pieds, à base d’ampoules bien sûr, la déshydratation est l’autre mal du Marathon Des Sables. Une traîtresse !

Marathon Des Sables. Quatrième étape
Marathon Des Sables. Quatrième étape
Marathon Des Sables. Quatrième étape

eL’autre mal du Sahara ce sont donc ces (foutus) ampoules.

À voir les pieds des uns et des autres dans ma tente en arrivant ce matin (oui, bon, j’avoue : j’ai dormi plus de 6h en pleine nuit au CP5 comme un gros chameau), la longue étape nous a tous fait souffrir. C’est tout le problème :
1/ nous ne sommes pas tous égaux devant les ampoules. Certains en auront toujours plus que d’autres, quoi qu’ils fassent (tannage, chaussures 1 à 2 tailles plus grandes, etc…).
2/ plus vous allez vite, moins vous passez de temps sur le terrain sous la chaleur mais plus vous augmentez vos chances de vous détruire les pieds un peu plus chaque jour.
3/ plus vous allez lentement – comprenez : plus vous marchez au lieu de courir – et plus vous allez demander à vos pieds de réaliser des heures durant des appuis auxquels ils n’ont pas l’habitude.
4/ les seuls qui n’ont pas d’ampoules sont ceux qui (1) ont de la chance et (2) font le Marathon Des Sables en tong, en sandale et autres Crocs. Il y en a chaque année. Il y en a même de plus en plus. J’ai personnellement croisé cette année, une française en Crocs, une Malaisienne en tongs à semelles épaisses, et un autre coureur en sandales Luna sensées copier celles des indiens Tarahumara du livre “Born to Run” mais dont je n’ai pas retenu la nationalité.

Marathon Des Sables. Quatrième étape

Pas simple.

Pas simple ce Marathon Des Sables, non, jamais, mais une fois franchie la ligne d’arrivée de l’étape longue, la course est quasiment gagnée. Dans la tête du moins. Il reste demain vendredi l’étape marathon, un vrai 42,2 km. Rien que, mentalement, nous ne puissions dépasser. Un marathon, n’est-ce pas, quand on vient faire le Marathon Des Sables, on en court plusieurs par an, sans soucis. 3 étapes “d’échauffement” de passées, la grande étape terminée : il nous reste juste à boucler l’étape marathon, avec un temps limite de 12h. Même en avançant lentement, 12h pour parcourir 42 km, c’est largement faisable. Même s’il y aura plusieurs gros djebels à passer, du sable, encore du sable, cette satanée chaleur à ne pas sous-estimer, la douleur des ampoules à oublier, le plus gros morceau de cette épreuve est derrière nous. Ça devrait bien se passer. Et les abandons, nombreux sans être spectaculaires, devraient réduire également. Inch’Allah.

Marathon Des Sables. Quatrième étape

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