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Un modèle étonnant, qui ne ressemble à rien de ce que nous connaissions. Limite Merlin l’Enchanteur.

Par la rédaction, avec Gaël Couturier. Photos © New Balance, Dom Francis Casserly pour New Balance, Lacerations.
328g (H), 263g (F)
Hauteur talon de 35 mm (H), 34,2 mm (F)
Hauteur avant-pied / métatarses de 25,4 (H) 27,1 mm (F)
Drop de 9,6 mm (H) et 7,1 mm (F)
140€
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3

Cette chaussure a pour la première fois été présentée à la presse et au grand public lors du Running Event Américain d’il y a un an. C’était donc en décembre 2017. Le Running Event, pour ceux qui ne savent pas, c’est le salon du running Américain. Le prochain, d’ailleurs, aura lieu à Austin, Texas du 27 au 30 novembre prochain : https://www.therunningevent.com/. Voilà. Bon, le temps que NB lance véritablement la chaussure sur tous les marchés internationaux, qu’elle passe entre les mains et les pieds des journalistes, qu’on mette nous la main dessus, le pied aussi, et qu’on la passe à la moulinette, il s’est donc écoulé pas mal de temps. Mais pour un modèle tant attendu qui coûte quand même 140€ et se positionne dans le haut de gamme des chaussures de trail running actuelles, on a préféré prendre un peu notre temps plutôt que de vous livrer nos impressions à la va-vite. D’autant que chez New Balance la Hierro tient une place à part.

Juste pour info, la photo du haut représente le Headquarters de New Balance en 1968, à Belmont, Massachusetts, à quelques minutes du centre de Boston, proche également de la ville de Lawrence, là où se trouve historiquement l’usine américaine de la marque. New Balance a été fondée en 1906 par un certain William Riley mais, aujourd’hui, le nouveau HQ de New Balance Athletics, Inc. est à Boston, Massachusetts toujours, la ville du plus vieux marathon du monde que nous connaissons tous. L’adresse ? 100 Guest Street, dans le quartier Allston/Brighton.

La technologie Fresh Foam date de 2013 mais elle n’a été dévoilée au grand public qu’en 2014. Avant elle, New Balance proposait ce qu’elle avait appelé l’ENCAP®. Cette structure basé sur un EVA classique avait été lancée au milieu des années 80. Son but était de proposer de l’amorti et en même temps de la stabilité. Au début des années 90′, New Balance sort ABZORB®, un caoutchouc nouvelle génération produit avec l’aide de DuPont, une entreprise de chimie américaine. À noter que l’ABZORB® est encore utilisé sur plusieurs modèles, comme les 1260 v7, 840 v4, 680 v5, 940 v3. Ce n’est qu’en 2011 que la marque lance un nouveau concept. C’est l’amorti REVlite, une mousse plus légère, plus rebondissante et destinée d’abord aux longues distances avec des chaussures proposant beaucoup d’amorti (comme les actuelles 890 v6 par exemple) mais qui s’est également désormais transposé dans les modèles route les plus compétitifs et plus légers comme les superbes 1400 v6 ou 1500, version T2 et v4, ou encore la Hanzo S.

New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3

Fresh Foam a donc été développée dès 2013 dans le New Balance Innovation Studio & Sports Research Lab. Au départ, dans le but d’améliorer l’efficacité de l’amorti proposé par la marque, les chercheurs avaient repéré parmi leurs cobayes que deux groupes distincts se détachaient nettement : il y avait ceux qui rentraient fortement dans le sol avec un appui talon et ceux qui affichaient une foulée plus équilibrée en attaquant le pied plutôt à plat, ou par le médio-pied. ­Le matériau que cherche alors à retravailler New Balance n’est autre qu’un dérivé de mousse EVA. Mais ses ingénieurs parviennent à en retirer une nouvelle mousse, apparement plus souple et plus dynamique dans le même temps. La matière brute est ensuite injectée dans des moules, puis pressée à chaud. Mais l’autre révélation de cette nouvelle matière tient en fait à son design, réalisé évidemment en 3D sur ordinateur. Grâce à des formes un coup convexes  un coup concaves la semelle est rendue plus réactive mais aussi plus résistante aux impacts et donc à l’usure.

New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3

En 2014, New Balance nous révèle donc son premier modèle Fresh Foam. C’est la 980, et c’est un succès, tant du côté des coureurs que du côté des fashion journalistes et fashion bloggers, un pendant du business que New Balance maîtrise à merveille depuis que des stars comme Madonna ou Steve Jobs ont fait de la pub sans le vouloir. En 2015, après une première sortie réussie de cette merveilleuse petite semelle, la marque enfonce le clou avec deux nouveaux modèles : la Fresh Foam Bocaray (pour ceux qui attaquent le sol par le talon) et la Fresh Foam Zante pour ceux dont la foulée est plus efficace (attaque médio-pied). Dans un cas comme dans l’autre, le Fresh Foam joue sa partition merveilleusement : c’est un amorti protecteur mais dynamique, celui que chaque marque de running cherche à produire de son côté dans le plus grand secret. Le but étant de nous offrir de la souplesse et dans le même temps nous procurer du rebond, de la résilience, un taux de retour d’énergie le plus haut possible. Bref, un peu de magie. Aujourd’hui, et cette Hierro 3ème du nom en est encore la confirmation, NB insère du Fresh Foam dans beaucoup de ses modèles. La « Fresh Foam Collection » est d’ailleurs particulièrement mise en avant. Car la puissance de son succès est telle que NB n’a aucun scrupule à démultiplier toutes les formes de tige possibles et imaginables qui s’appuient sur cette merveilleuse mousse :  1080 v8, Cruz, Lazr, Arishi, Kaymin, Zante v4, Beacon, Vongo v3, 818 v3, Gobi Trail v3, 574 Sport, 1165, Zante v4 et bien sûr notre Hierro v3 chérie. Rentrons justement dans le vif de notre sujet, la Hierro v3, notre Excalibur.

New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3

Cette Hierro v3 là, nous l’avons utilisée sur presque 200 km, souvent sur sentiers, parfois sur la route – oui oui, on est des pervers nous : on aime bien aller essayer les chaussures de trail sur le bitume, comme ça pour voir, analyser les forces, découvrir d’éventuelles faiblesses. Et bien honnêtement, après une toute première sortie un peu douloureuse, la chaussure pèse quand même largement plus que 300g et sa tige est un peu serrée, on s’y est rapidement habitué et on en est devenu fan. Voici pourquoi ? Comment ? Où ? Et encore un peu pourquoi tiens.

New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3

La tige

D’abord il faut bien dire qu’elle ne ressemble absolument plus ni à la version 2 ni à la version 1 de la chaussure (voir photos ci-après). Celle-ci est beaucoup (beaucoup) plus ingénieuse, et en deux parties. Il y a la « chaussette » intérieure, que New Balance appelle le FantomFit, et la « coque » extérieure, qu’elle appelle l’Hyposkin.

La chaussette / FantomFit d’abord. L’intérêt c’est qu’elle remonte haut sur la cheville et fait office de petit guêtre. Elle ne frotte pas, elle ne gêne pas, son élastique contre la peau se trouve où la chaussette n’est pas trop serrée, et elle maintient bien le pied dans la chaussure. Arrivée au bout des métatarses, avant le départ des orteils donc, elle s’arrête nette. C’est bien ? Pas bien ? Ni l’un ni l’autre, disons que ça ne gêne pas. Et puis, quand même, ça permet de libérer aussi ses doigts de pied, ce qui a toujours été une priorité chez New Balance, une des premières marques à proposer plusieurs largeurs dans ses modèles. En France, deux largeurs sont disponibles pour ce modèle : standard (D) et large (2E). Étant donné qu’elle est un peu serrée en bout de médio-pied, allez la chercher en magasin – essayer avant d’acheter – ça me semble primordial ici.

New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
On poursuit sur l’intérieur de cette chaussure, ce FantomFit donc. Bien sûr l’intérêt de cette véritable chaussette interne c’est aussi d’éviter les frottements désagréables sur le pied, les effets des coutures et autres protection que la « coque », que nous verrons juste après, va vous apporter. Au niveau des lacets, il n’y a que 5 oeillets de chaque côté. C’est peu et même étonnant étant donné la hauteur à laquelle remonte la tige sur le coup-de-pied. C’est d’ailleurs très proche de ce que New Balance propose sur sa nouvelle Fresh Foam Gobi Trail v3 comme vous pouvez le voir ci-après.
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
Mais grâce à un ingénieux système, ces lacets sont eux-mêmes en lien avec une série de six petites bandes de tissu solide placées de chaque côté de la tige sur les faces internes. Leur rôle est, comme pour les lacets du dessus (mais à l’extérieur), d’apporter du contrôle sur le pied. C’est un excellent système ! Et une très bonne idée. Car au lieu de – seulement – exercer une pression sur le dessus du pied comme beaucoup de chaussures le font, en serrant vos lacets ça fait parfois mal, vous allez ici beaucoup mieux envelopper votre pied. Il n’est donc plus nécessaire de serrer ses lacets comme un bœuf. C’est beaucoup plus confortable sans perdre en efficacité. Bravo !
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3

Côté coque maintenant, là encore, c’est une bonne surprise. Le rôle de l’Hyposkin est d’offrir ni plus ni moins qu’une armure à votre pied. Bien sûr, ça reste souple, et aéré grâce à des tas de petites perforations Attention : du coup, forcément, la chaussure n’est pas imperméable. Elle est toutefois plutôt résistance aux projections d’eau. Vous mettez le pied dans une flaque d’eau à 12km/h, le pied ne sera pas vraiment mouillé. En somme, voici un beau modèle hivernal.

New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3

Au départ, quand même, comme nous vous l’avons avoué plus haut, on se demande un peu où on met le pied avec cet Hyposkin : ça a l’air rigide, ça semble bien renforcé, presque trop sérieux pour une pratique aussi libérée que le trail running. Et puis, on vous le dit franchement, en vous regardant droit dans les yeux : au fil des km parcourus, cette sensation d’enfermement disparaît aussi vite qu’elle est arrivée. Au final, c’est non seulement une protection efficace mais c’est aussi un moyen innovant de proposer une tige de trail running sur laquelle on peut compter. Ahhhh ! Car celle-ci sait se montrer solide et protectrice dans les moments difficiles, tout en étant capable de préserver votre conduite de course et vos sensations. En somme, cette tige c’est une vraie main de fer dans un gant de velours. Facile. Mais vrai.

New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3

Alors bien sûr le bout de l’avant-pied est protégé par un solide « Toe Protect » si vous venait la bonne idée de taper dans un rocher ou une souche encore fraiche. Quant au talon, il est vraiment rigide et remonte haut le long de votre tendon d’Achille mais la mousse interne fait son effet et contre-balance cette dureté donc la fonction, rappelons-le, est de maintenir votre pied calé au fond de la chaussure et de vous apporter plus de contrôle et plus de précision lors de votre foulée. En trail running, sur les sentiers difficiles, cabossés, voire carrément détruits et destructeurs, c’est quand même important. On termine en disant que la chaussure est finalement bien réfléchissante, même si là encore, à première vue, ce n’est pas franchement pas ce qui saute aux yeux. Elle cache décidément bien son jeu la coquine !

New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3

La semelle intermédiaire

Ça aurait pu être un gros morceau de notre test mais on sent que là, quand même, on vous a déjà bien parlé de ce système Fresh Foam dans notre introduction. C’était important bien sûr. La dernière fois qu’on vous parlait d’une chaussure New Balance c’était déjà pour vous vanter les qualités du Fresh Foam. C’était en juillet, ici : http://leblog.enduranceshop.com/pour-badwater-135/. Plus tôt dans la saison, nous avions justement testé cette Zante. Elle nous avait épatés. http://leblog.enduranceshop.com/life-is-a-beach-zante/. Bon, avant cela, nous avions pour la première fois testé le fonctionnement de cette semelle sur un modèle similaire mais beaucoup plus estival, très « fresh » donc : http://leblog.enduranceshop.com/new-balance-zante-v3-breathe/. À l’époque, pour le modèle Zante 3, voilà ce que nous avions écrit sur le principe de la semelle en Fresh Foam : « Mais c’est surtout la semelle intermédiaire qui nous avait rendu complètement fous : de petites pièces hexagonales et convexes sur le bord intérieur, concaves sur le bord extérieur, bien denses dans leur ensemble et qui se compressent facilement à l’impact tout en gardant une mémoire de forme radicale – autrement dit un peps d’enfer ». On est d’accord. On ne revient pas dessus.

 

New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
Cette semelle de la Hierro v3 est à l’image de la tige : étonnante. Étonnante car elle semble un peu dure au départ. On est pas chez Hoka One One. On est pas non plus sur un de ces modèles hyper amortissants de New Balance non plus. Et on est encore moins sur une chaussure légère, souple pour aller vite et ne jamais se poser de questions. Non. Mais, mais, mais, mais on doit dire que cette Fresh Foam est décidément une mousse des plus extraordinaires ! Disons qu’elle est pile dans ce qu’on peut demander à un modèle de trail pour distances un peu longues. Ce n’est pas la chaussure de trail running la plus dynamique du marché, non, on se répète exprès, et ce n’est pas non plus celle qui va vous protéger le plus longtemps sur une course au long cours. Voici donc un modèle passe-partout avec lequel vous ne manquerez pas de vous amuser des heures durant sur tous les types de sentiers. Tous ? Tous.

La Hierro v3 est une chaussure qui se destine au profil neutre mais sa stabilité est selon nous exemplaire ; de sorte qu’elle pourrait même convenir à ceux qui souffrent un peu d’hyper-pronation. Car pour plier cette semelle, il faut vraiment forcer ! C’est un package étonnant, un mix idéal entre amorti, stabilité et dynamisme. À moins d’être un poids très très léger, cette semelle fera donc exactement le boulot qu’on lui demande. Elle n’a pas l’air bien tendre au départ mais c’est un masque : elle se laisse en effet dompter très vite !

New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3

La semelle externe

Alors là, il faut rendre à César ce qui appartient à César et louer le savoir-faire du fabricant Vibram. Sa semelle Megagrip est, comme son nom l’indique, très accrocheuse, dans tous les sens : en montée, en descente, en dévers. C’est impressionnant ! Mais la beauté de cette semelle et de ses énormes crampons c’est qu’elle n’est pas du tout gênante sur les portions de route. Là encore : magie. Parce que des portions de route, il y en a quand même souvent sur les courses de trail running, même les plus connues, UTMB en tête. On en dit pas plus. Ça ne sert à rien. On a tout dit.

New Balance Hierro V3
New Balance Hierro V3

Conclusion

Une chaussure de combat pour se faire plaisir. Oui, on sait, c’est un peu antinomique comme notion mais bon. Franchement ce modèle est une bombe. Elle nous a fait très peur, elle nous a pas mal impressionnés avec son look de tueuse de char d’assaut mais elle s’est révélée, sur la distance et les sentiers, vraiment très agréable. On a bien failli faire avorter le test après une première sortie sans grandes sensations et puis notre persévérance a rapidement payé. La Hierro v3 montre les crocs, oui, mais c’est un ange dans le fond, presque un cœur d’artichaut à l’intérieur. Une main (ou un pied) de fer dans un gant (ou une chaussette du coup) de velours alors ? Oui. C’est ça. La Hierro v3 c’est notre nouvelle épée d’Excalibur. Elle impressionne les néophytes sur le coup, comme ça, mais il suffit d’un brin d’amour et de confiance en soi pour en faire son outil le plus précieux de sa garde-robe. Avec une telle chaussure aux pieds, vous serez le roi des sentiers ! Le roi. Juré, craché si je mens je vais en enfer.

New Balance Hierro V3
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