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Quand le Japon bouscule les codes, Nike s’engouffre dans la brèche.

Par la rédaction. Photos © Nike, Lacerations.

Après vous avoir parlé d’Hong Kong tout au long de la semaine dernière mais aussi cette semaine, on poursuit notre découverte de l’Asie à travers des shops qui se donnent les moyens. Forcément, nous, et vous, les shops, ça nous parle non ? On démarre par le plus gros Nike de Tokyo, c’est le Nike Harajuku dans le quartier de Shibuya-ku. Immersion complète d’un shopping addict, première.

Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo

Le reportage de cette visite tombe au moment où Nike et le couturier japonais Jun Takahashi, créateur de la marque Undercover (http://undercoverism.com/) présentent leur dernière collab’. Il faut dire que pour Jun Takahashi, la course à pied est une véritable source de créativité et d’inspiration – presque « un exercice de méditation qui lui permet de visualiser des idées pour ses prochaines collections et de les conceptualiser » a même été jusqu’à avouer le créateur.

Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo

Cela fait maintenant plus de 10 ans que Nike collabore avec Jun Takahashi et sa marque Undercover via une collection appelée Gyakusou. Pour cette nouvelle collection, le créateur japonais, 49 ans, a voulu mélanger des vêtements de running haute performance, les plus techniques possibles, avec le paysage urbain. C’est donc d’un mélange entre forme active et forme passive, entre mouvement et immobilisme. « J’ai fait exprès de mélanger des couleurs proches de la terre et j’ai aussi voulu mélanger mon esthétique avec les fonctionnalités offertes par les nouveaux vêtements Nike ».

Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo

Bien entendu, la collection Gyakusou du printemps 2019 fait le pont entre les aspirations du créateur et les possibilités offertes par les technologies hyper modernes de Nike. De fait, au sein de cette collection, on retrouve des vêtements dessinés pour être facilement compactables, et d’autres qui s’adapteraient encore plus parfaitement qu’avant aux mouvements du corps en action. Par exemple, la blouson « Transform JKT », comme son nom l’indique se transforme grâce à sa fermeture éclair frontale mais aussi par le fait que sa partie supérieure se range dans sa propre poche, si besoin. Ce blouson, serait donc une protection contre les intempéries légères, dont le vent bien sûr. Il est en matière tissée et mixte, protectrice à l’extérieure, et conçue pour évacuer au maximum la transpiration (et offrant un séchage rapide) à l’intérieur. C’est le Dri-Fit bien connu désormais.

Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo

Quant à l’autre blouson, le Lightweight JKT, il aurait été dessiné grâce à des analyses des différentes températures de la peau et du taux de sudation. Les découpes au laser seraient donc là pour « maximiser la respirabilité du vêtement avec le corps » nous dit la marque. Pour finir, les collants hommes et femmes seraient réalisés grâce à un tissage plus intelligent qui réduirait les coutures et offrirait une compression plus juste, plus importantes seulement aux endroits où c’est nécessaire.

Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo

Une collection Nike sans nouvelles chaussures ne serait pas digne de ce nom. C’est pourquoi les nouvelles Nike Vaporfly 4% et Nike Pegasus Turbo sont désormais proposées sous ces nouveaux coloris « terre » que décrit le créateur. Attention, cette collection Nike Gyakusou SP19 ne sera disponible à partir du 28 février.

Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo

Pourtant de nationalité japonaise, nous n’avons pas vu cette collection dans le gros shop Nike où nous nous sommes rendus en Janvier. On peut donc légitimement penser que la collection touchera le monde entier en même temps. Normal. On est à l’heure de la globalisation ou on ne l’est pas, n’est-ce pas ? Ce qui nous a le plus marqués dans ce shop c’est l’affluence au niveau des chaussures. Et à bien y regarder, le public présent ce jour-là, un samedi soir dans un des quartiers les plus shopping friendly de Tokyo, était plus composé de sneakers obsessed que runners passionnés. La mode la mode la mode.

Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo

Ce qui nous a marqués aussi c’est l’importance prise par le vêtement femme : tenues ou petites tenues, les collections running femme étaient clairement mieux mises en avant que celles des hommes. Est-ce une différence culturelle de cette société oh combien patriarcale qui fait que l’homme japonais achète des chaussures et les femmes des chaussures + des vêtements ? Hum….Pour finir, avouons que ce shop ne nous a pas vraiment impressionnés, hormis bien sûr le côté sociologique forcément passionnant. Quand on a la chance de connaître les « Niketown » américains, difficile de tenir la comparaison tant en termes d’espace dédié au consommateur que de choix de vêtements et de chaussures. Cela dit, ce magasin Nike était exclusivement réservé au running.

Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo

Il existe d’autres shops Nike à Tokyo, notamment pour le soccer, le foot quoi. Mais dans celui-ci, nous avons quand même noté une belle gamme Nike SB, la marque de skateboard de Nike, mise en avant avec, en son sein, des produits Dri-Fit pouvant aussi très bien servir pour le running….mais inspiré du basketball. C’est osé mais pourquoi pas. Et puis, comme quoi, les crossover en matière de vêtements sportifs ne sont pas une légende. Le temps où les styles et les sports s’opposaient dans des tribus, un termes directement empreintés à la sociologie, Le Breton en tête, est bel et bien révolu. Aujourd’hui, et c’est logique, un runner peut être un footeux, un skateboarder, un surfeur, un escrimeur, un hockeyeur. Les clichés des années 80-90 ont la vie dure, que voulez-vous. Et c’est tant mieux !

Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo
Nike Harajuku, Tokyo

Les japonais, d’une manière générale, très précurseurs et lanceurs de tendance, comme le créateur Jun Takahashi par exemple, savent donc s’emparer mieux que quiconque des opportunités et détourner à leur avantage les codes, les matières, les couleurs. C’est une très bonne chose, un acte de révolte quasi-artistique et dont nous pourrions, peut-être, nous les consommateurs occidentaux, davantage nous inspirer. Ces japonais sont donc très créatifs, et Nike, avec cette énième collection Gyakusou surfe sur cette intéressante tendance. CQFD. Good job.

Nike Harajuku, Tokyo

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