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Où va ce diable de Jim Walmsley ? Partie 1

19 novembre 2021 | Portraits

Par la rédaction. Photos : Unsplash, UTMB®, Found on 49.

Nous sommes comme vous, ceux qui le suivent : on ne peut pas s’empêcher de l’aimer. Jim Walmsley, bientôt 32 ans, est une de ses rares superstars de notre sport. Il est aussi une belle énigme. Repéré par l’armée de l’air Américaine pour son intelligence et ses talents de coureur à pied, Jim a passé ses années d’étudiant sur les bancs de l’Air Force Academy avant de se voir logiquement offrir un job d’officier. Quel type de job ? En charge de missiles de croisières à têtes nucléaires. Ah. Ouais. Bon, alors qui est ce diable de Jim Walmsley qui gagne coup sur coup sur coup la Western States ® 100-Mile Endurance Run mais prend râteau sur râteau sur râteau à l’UTMB® ? Parce que quand même ce mec inquiète, surprend, fait se poser des questions. Des tas de questions. C’est là.

Où va ce diable de Jim Walmsley ?
Où va ce diable de Jim Walmsley ?

Les infos suivantes ne sortent ni de nos neurones dérangés, ni de la bouche de Key Lime Pie, le bulldog inutile de la rédaction. Elles sont en libre accès aux USA sur les plateformes média aussi sérieuses que Sports Illustrated ou le New-York Times. Nous n’inventons donc rien.

Où va ce diable de Jim Walmsley ?
Où va ce diable de Jim Walmsley ?
Où va ce diable de Jim Walmsley ?

Un profil à la Scott Jurek : élancé, limite maigrelet

Tout d’abord, précisons que Jim Walmsley est originaire de l’Arizona. C’est son pays, son fief, ses racines. Élevé à Scottsdale, banlieue chic de Phoenix, la capitale de l’état qui siège à 300 mètres à peine au-dessus du niveau de la mer, le petit Walmsley (1m82 quand même) a donc toujours été un fan de course à pied. Après le lycée et déjà des performances prometteuses sur la piste (steeplechase et fond : 13’52’’ à 22 ans sur le 5000 mètres) mais surtout en cross-country, Jim a le choix entre plusieurs universités. Elles lui déroulent le tapis rouge mais il préfère l’uniforme et opte pour l’Air Force Academy dans le Colorado, à Colorado Springs. Une fois la fac terminée, il est d’abord posté à la Vandenberg Air Force Base en Californie, puis à la Malmstrom Air Force Base dans le Montana. Son job : superviser des missiles balistiques nucléaires capable d’atteindre les autres continents.

Où va ce diable de Jim Walmsley ?
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Jim Walmsley s’ennuie, et fini même par déprimer sévère. Et puis il se fait arrêter par la police après une journée de grimpe avec quelques amis. Jim a trop bu. Les flics l’arrêtent. L’affaire fait un peu de bruit et remonte auprès de ses supérieurs dans l’armée de l’air qui le mettent sur la touche. Peu après, éclate le scandale d’une sombre histoire de triche à des examens militaires. Il touche une centaine d’officier de l’Air Force à travers trois états : le Dakota du Nord, le Wyoming et le Montana de Jim Walmsley. Pour ses supérieurs, c’est la goutte d’eau. Jim est un chat noir, un élève turbulent. Ils en profitent pour s’en débarrasser et mettre fin à son contrat militaire. Jim se retrouve dehors, sans emploi. Il rentre alors chez ses parents, à Phoenix toujours. C’est à ce moment-là que la course à pied joue un rôle essentiel. Elle le rend plus zen, le motive, le soutient. C’est son truc. Sa vraie passion.  

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Jim court de plus en plus. De plus en plus souvent. De plus en plus longtemps aussi. Il gagne quelques courses locales, un 12 km ici, un 30 km là. Et puis il se fait embaucher par un magasin de vélo de Flagstaff mais continue de s’entraîner en course à pied, en altitude cette fois. Il y déménage officiellement en 2015. La petite ville de Flagstaff, située à plus de 2000 mètres d’altitude est dans les années 2010 déjà devenu le repère d’entraînement des coureurs à pied américains. Les triathlètes sont à Boulder. Les coureurs à pied sont à Flagstaff. Il y fait froid en hiver mais aussi bien moins chaud en été que plus bas dans les déserts de l’Arizona. Les paysages sont incroyables, les trails interminables et le Grand Canyon, spot d’entraînement privilégié de Jim et ses potes, à commencer par Tim Freriks, n’est qu’à une heure et demie de voiture (South Rim).

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Voici pour la première partie de la vie de notre ami Jim Walmsley. Passons.

Ce qui caractérise fondamentalement la suite de son parcours sportif et professionnel c’est sa passion pour le running dans son ensemble, les beaux chronos voire les records mais aussi, et surtout, les marathoniens, ces types qui vont si vite, plus vite que lui. Avant sa Western States® 100-Mile Endurance Run de 2016, Jim Walmsley n’avait jamais couru de 100 miles. Dans le film « Found on 49 », il le dit très clairement : « La plus longue distance de ceux qui connaissent le succès sur 100 miles, c’est le 100 km. Je n’ai pas d’exemple en tête de coureurs de 100 miles qui sont passés directement sur la distance sans avoir fait avant au moins du 50 miles (80 km) ou du 100 km ».

Où va ce diable de Jim Walmsley ?
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La suite on la connaît : une erreur d’aiguillage sur la Western States de 2016 (il court trop vite et manque un panneau. C’est son copain de Flagstaff Andrew Miller qui s’impose). Un abandon en 2017 (il court trop vite et prend un beau coup de chaud. Là pour le coup c’est le Sud-Africain Ryan Sandes qui s’impose). Et puis trois victoires d’affilé où il écrase tout le monde sans faillir en 2018, 2019 et 2021. La course n’ayant pas lieu en 2020. À noter à propos de la Western States® 100-Mile Endurance Run : les recordman de l’épreuve en terme de longévité se nomment Scott Jurek (7 victoires d’affilé entre 1999 et 2005) et Tim Twietmeyer (5 victoires au total entre 1992 et 1998). Depuis 2018 et sa première grosse victoire en pro, il y eu des victoires dans la vie de Jim Walmsley, des records mais aussi de bien cuisants échecs, dont une 22éme place au U.S. Olympic marathon trials d’Atlanta (2h15’05’’ quand même), un record du monde du 100 km (6h09’26’’ quand même) et surtout deux belles grosses sorties de route à notre UTMB® que tout le monde nous envie.

Où va ce diable de Jim Walmsley ?
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En 2017 il y termine 5ème de l’UTMB®. C’est prometteur. Mais fidèle à sa fougue et son tempérament sans peur sans reproches, il abandonne ensuite au Grand Raid de la Réunion moins de deux mois plus tard. En 2018 Jim abandonne à l’UTMB®. En 2019 il ne vient pas. En 2021 il abandonne encore. Il faut dire que l’été dernier, ils ont été nombreux parmi les têtes d’affiche à ne pas aller au bout de l’aventure : Tim Tollefson, Beth Pascall, Tom Owens, Ragna Debats, Xavier Thévenard et bien sûr notre charmante Audrey Tanguy.

Où va ce diable de Jim Walmsley ?
Où va ce diable de Jim Walmsley ?

Ce que l’on peut dire pour le moment sur le personnage Jim Walmsley c’est tout d’abord que son entrain, sa détermination et sa confiance en lui n’ont pas d’égal. Loin d’être une machine, un métronome à la François D’Haene, Jim est encore un peu chien fou. C’est son charme. Mais sa force, au-delà de son courage à s’exposer, c’est aussi son intelligence et sa capacité à apprendre de ses erreurs et rebondir de ses échecs. L’homme n’est donc pas infaillible, il pourrait fait sienne la devise de Robert F. Kennedy : « Only those who dare to fail greatly can ever achieve greatly », autrement dit : « Seul ceux qui osent prendre le risque d’échouer avec largesse peuvent réussir grandement ». La question maintenant c’est de savoir ce qu’il prévoit pour sa saison 2022. Va-t-il encore essayer de refaire le coup d’enchaîner WS100 et UTMB, avec le risque très important d’arriver encore fatigué sur l’événement français ? Ou bien sera-t-il assez sage pour résister à une 4éme victoire américaine et venir tenter sa chance en France, en Italie et en Suisse avec une préparation digne de ce nom ? Pas sûr….

Réponse dans nos prochains articles #sauvages.

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