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Philippidès (ou Phidippidès) n’est pas celui qu’on croit

22 octobre 2019 | News

Par la rédaction, avec Gaël Couturier. Photos © Ultra Running Magazine

De la mythique revue américaine Ultra Running Magazine à laquelle nous sommes abonnés – et dont l’excellent Gilles Bertrand, l’organisateur du Festival des Templiers, journaliste, photographe de profession et bible du running à lui tout seul nous rappelé l’importance fondatrice– nous avons décidé de vous faire régulièrement profiter de quelques articles triés sur le volet et qui concernent la culture mais aussi l’entraînement et la performance en trail running. On commence par le commencement, avec l’explication, la vraie, de qui était vraiment Philippidès (ou Phidippidès) et de la distance parcourue précédant sa mort.

L’auteur, Dean Karnazes, commence son histoire par nous rappeler que Philippidès était un trail runner.

Dean est un californien qui a un MBA et qui a aussi gagné la Badwater (2004), couru 50 marathons en 50 jours dans 50 états différents et d’autres folies du genre courir 560 km en 80h44′ et sans dormir. Il est aussi Grec d’origine. Philippidès, un trail runner ? Et oui, les routes pavées n’existant pas il y a 2500 ans (la bataille de Marathon aurait eu lieu 490 ans avant Jésus Chris). Ensuite, Dean évoque cette bataille dans la baie de Marathon, entre des Athéniens dépassés, dominés contre des Perses bien plus nombreux. Dans la crainte de leur douloureuse défaite à venir, Dean Karnazes raconte que les officiers athéniens décident d’envoyer un messager convaincre les soldats spartans, à Sparte, de venir leur prêter main forte. Les Spartans sont à l’époque considérés comme de farouches guerriers. Qui a vu le film 300 s’en convaincra aisément. Philippidès, coursier de son état (en gros : trail runner professionnel) parcourt alors 140 miles, 225 km…en 36h. En chemin, il se nourrit exclusivement de figues, d’olives, d’un peu charcuterie et d’une pâte faite de miel et de graine de sésame. Une fois à Sparte, il raconte son histoire et les Spartans acceptent de venir en aide aux Athéniens et de se lancer dans l’aventure mais à la condition d’attendre la pleine lune six jours plus tard. Après une nuit de repos bien méritée, notre vaillant Philippidès retourne en urgence (et en courant) auprès des siens, 225 km plus loin. Parce qu’ils ne peuvent attendre six jours ou plus, les Athéniens se lancent alors aussitôt dans la bataille. Grâce à leur intelligence militaire, leur culot et avec un peu de chance aussi sans doute, ils s’imposent. C’est la fameuse bataille de la baie de Marathon. Pour prévenir les responsables de la cité d’Athènes, les chefs athéniens décident d’envoyer immédiatement un messager apporter la bonne nouvelle à Athènes. Qui choisissent-ils ? Leur plus fidèle et expérimenté coursier : Philippidès bien sûr ! Celui s’élance alors sur les 39,9 km qui sépare Marathon à Athènes. Il arrive à Athènes et débarque dans l’Acropole où il crie victoire, « Nike ! Nike » en ancien Grec. Puis il s’écroule, et meurt d’épuisement, après avoir donc parcouru 489,9 km. Et non pas 42.

En effet, en s’inspirant de cette histoire tragique, mais en comprenant évidemment bien la nécessité de réduire cette incroyable distance, les responsables du premier marathon des Jeux Olympiques de 1896 d’Athènes décident de ne retenir que la dernière partie de l’histoire de ce Philippidès extraordinaire : ses derniers 40 km. Ce n’est que quelques années après, en 1908, que la famille royale et la reine Alexandra demandent que la distance soit un peu rallongée afin de démarrer sur la pelouse du  château des Windsor dans la campagne du Berkshire et de finir dans le stade olympique Londonien. La mesure prise à cette époque est alors précisément de 42,195 km. Et elle n’a pas changé depuis.

À lire en anglais sur https://ultrarunning.com/

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