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Jim Walmsley, son haka et l’arbre en pleine poire.

Par la rédaction. Photos © Graeme Murray, Kurt Matthews, M. Trappe, Kurt Schilling / Tarawera Ultra-Marathon pour Ironman.

Tarawera Ultra-Marathon
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Voilà, on a vraiment voulu vous en faire voir de toutes les couleurs. Parce que cette course, la Tarawera Ultra-Marathon, en Nouvelle-Zélande dont on vous parlait dimanche dernier mérite d’être (re)connue même si elle se déroule à l’autre bout du monde. Nous avons divisé la série de ces photos en quatre parties : avant la course, pendant la course avec le type de parcours que vous pourriez rencontrer, les stars de l’Ultra Trail World Tour présents en 2017 et 2018, et le finish avec le haka Māori traditionnel. Si ça vous donne pas envie d’aller courir au bout du monde, là, franchement on ne peut plus rien pour vous…

Tarawera Ultra-Marathon
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Que voit-on sur ces derniers préparatifs et cette ligne de départ, la nuit ?

On y voit des gens heureux, une danse Māori locale et certainement impressionnante, envoutante. On peut certes lire la tension sur certains visages mais globalement tout le monde est à la fête. Il y a aussi ces coureurs et leurs amis, leur famille, qui font un peu les fous pour relâcher la pression avant le départ. C’est vrai qu’elle est belle cette starting line. Et puis il y a les pros.

Tarawera Ultra-Marathon
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La course des pros confirme l’importance de ce rendez-vous.

À voir le beau monde qui s’est pressé sur la ligne de départ les deux dernières années, il est clair que ce Tarawera Ultramarathon est devenu une de ces quelques classiques. C’est une première chose. Il est également clair que le concept de l’Ultra Trail World Tour commence à prendre, ce qui n’était quand même pas évident au départ tant leur lancement avait été raté (on y reviendra très vite avec une interview exclusive de la big boss de ce pro tour). Sur les photos, elles datent de l’édition 2017, on reconnaît la star américaine Jim Walmsley (100% pro athlete de chez Hoka One One), le suédois Jonas Buud, le local de l’étape Andrius Ramonas (étudiant en thèse de physiologie d’ailleurs), ou encore le mythique Michael Wardian chez les garçons (il travaille en tant que courtier maritime lui, dans la finance donc), sans oublier le magique et extrêmement sympathique lituanien Gediminas Grinius (un ancien officier de l’armée Lituanienne qui a combattu en Afghanistan et souffre de PTSD – mais ça ne se voit pas). Vous savez tout. Chez les femmes, cette année-là (2017) deux américaines sortent du lot : Camille Herron qui va s’imposer, et Magdalena Boulet (nutritionniste chez GU), qui finira seconde. On aperçoit aussi la brésilienne Fernanda Maciel et la néozélandaise, gagnante 2016, Fiona Hayvice. 

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Pour se donner une idée du niveau qui sévit désormais sur cette course, et confirmer sa notoriété quand on s’intéresse un peu à ce qui se passe hors de nos frontières, rappelons que l’an passé, en février 2018 donc, la course a non seulement rajouté une distance, un 100 miles, mais également accueilli encore plus de stars : l’américain Dylan Bowman avait gagné le 102 km chez les garçons devant son compatriote Cody Reed et le néo-zélandais Sam McCutcheon. Dylan est actuellement 4ème de l’UTWT, derrière les espagnols Pau Capell et Jordi Gamito, et le chinois Min Qi. Chez les femmes, c’était la très jeune américaine Kelly Wolf (23 ans) qui s’était imposée, devant sa compatriote Amanda Basham et l’australienne Erika Lori. Sur le 100 miles, curieusement moins populaire, chez les garçons, l’anglais Adrien Prigent s’était quant à lui imposé devant un autre local, le néo-zélandais Grant Guise. Chez les filles, c’est l’incroyable californienne Sally McRae qui gagnait en se plaçant également 4ème au général devant son homonyme Hannah McRae, une australienne, et la néo-zélandaise Jean Beaumont. Beaucoup d’américains et beaucoup de locaux parmi les pros donc. Du beau monde vraiment. Pas étonnant que la marque Ironman, très populaire et aux USA et en Australie / Nouvelle-Zélande, ait jeté son dévolu sur cette Tarawera Ultra-Marathon là.

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Le terrain : sur place, à quoi faut-il s’attendre ?

Il est évidemment bien tard pour s’inscrire à la prochaine édition de la Tarawera Ultra-Marathon qui aura lieu dans quelques semaines (du 6 au 9 février) mais c’est une course, si vous en avez le temps et les moyens, qu’il semble intéressant d’explorer. Ça change de la France, de l’Europe et de ces courses américaines réputées où il devient toujours plus difficile de s’inscrire chaque année. Pour mieux comprendre à quoi s’attendre en pays Māori, voici ce qu’en disait le magazine Trail Runner l’année dernière : « C’est au milieu de la boue, de la sueur et éventuellement de grosses bosses sur le crâne que quatre américains ont réussi à se hisser sur le haut du podium dans l’épreuve des 102 km cette année. Deuxième course de la saison du calendrier UTWT, elle attire de plus en plus d’athlètes élites du monde entier. Depuis son lancement, la course a toujours eu la réputation d’être roulante et particulièrement riche visuellement. Mais l’édition 2018 a amené des nouveautés qui ont encore davantage corsé le parcours sur tous les fronts. D’abord, les organisateurs proposent depuis l’année dernière un 100 miles. Pour la course de 102 km, qui reste l’épreuve phare, c’est le changement complet de direction qui a fait des ravages ».

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D’après le champion de l’an passé, l’américain Dylan Bowman, la course est donc un peu plus difficile. Il y a plus de côtes d’une manière générale d’une part et, d’autre part, le dénivelé total a augmenté : il est désormais de 246 m supplémentaires. Bon, pauvres concurrents de l’an passé, ils ont aussi dû faire face à une tempête qui a mis de la boue partout et fait des dégâts dans les forêts traversées. Les sentiers n’étaient pas impraticables à proprement parler mais disons qu’ils étaient encore plus techniques qu’ils ne le sont d’habitude, surtout dans la seconde partie de la course. Ils étaient nombreux à devoir visiblement éviter racines glissantes et autres rochers mouillés, le tout dans un terrain extrêmement boueux, humide quoi ! Sur le très fréquenté blog américain iRunFar.com, la gagnante Kelly Wolf témoignera ainsi : « Au début ça ne me gênait pas trop. Je me disais au moins ce n’est pas de la neige ! Et puis à environs la moitié du parcours, je pataugeais dans la boue, je glissais de partout, c’était insupportable. Les conditions de cette année 2018 ont vraiment été très difficiles pour nous tous. À tel point que je me suis dit à un moment que j’adorerais retourner dans le Colorado et courir sous la neige ! ».

Tarawera Ultra-Marathon
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Malgré ces conditions dantesques, Kelly Wolf s’est imposée en 10h08′, 9 minutes devant sa première poursuivante. Chez les garçons, c’est donc l’américain Dylan Bowman, qui a par ailleurs abandonné à Hong Kong il y a deux semaines, qui s’est élancé avec son copain Cody Reed (un bon copain de Jim Walmsley lui par ailleurs). C’est Jim Walmsley encore qui s’était imposé en 2017 comme vous pouvez le voir sur les photos. Les deux américains Dylan et Cody ont donc entraîné avec eux l’année dernière les locaux Sam McCutcheon et Vlad Shatrov (Vlad est Australien mais c’est presque pareil). Puis, à force de collines, de boue, de racines de partout, c’est d’abord Sam McCutcheon qui lâche, avant que Vlad Shatrov ne craque lui aussi.

Tarawera Ultra-Marathon
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« La première partie de la course s’est déroulée sans encombre » expliquera alors Bowman au magazine Trail Runner, lui qui se débrouille généralement si bien dans les côtes. Il ajoutera : « mais la seconde partie était en revanche très intense ». Il terminera l’interview accordé à notre confrère américain avec ces mots : « La grosse côte est arrivée vers le km 56 et c’est généralement dans ces conditions que je peux me surpasser. Je savais que c’était à ce moment-là que je devais partir et creuser l’écart. Mais à cause des conditions très difficiles, je suis tombé 5 fois. Et je suis sûr de ne pas avoir été le seul… ».

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En effet, son compatriote Cody Reed a lui-même glissé et pris un arbre pleine tête, sans gravité heureusement. « Je suis tombé à plat ventre dans la boue, complètement sonné et je me suis quand même demandé si je n’avais pas une fracture du crâne. Mais en dehors d’une dent qui s’était mise à bouger, fort heureusement, je n’avais rien qui pouvait vraiment justifier un abandon » a-t-il aussi expliqué à Trail Runner. « Je recommande fortement la caféine, ou l’eau très froide, pour se réveiller plutôt qu’un arbre en pleine poire ! » a-t-il ajouté en grimaçant pour terminer.

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La finish line et le haka maison

La cérémonie du haka n’est pas une plaisanterie en Nouvelle-Zélande. Ce n’est définitivement pas quelque chose que la culture Māori prend à la légère. La preuve, après avoir franchi la ligne, chacun des deux vainqueurs a droit à sa cérémonie personnalisée. Et c’est impressionnant. Ce ne sont pas Camille Herron et Jim Walmsley vainqueur 2017 donc (en photo) qui diront le contraire. Allez, filez vous préparer pour 2020. Et si vous n’avez rien compris question dates, entre 2017, 2018, 2019 et 2020, c’est que vous avez lu trop vite. CQFD.

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