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UTMB® 2019 : encore une année américano-espagnole

2 septembre 2019 | Évènements

Par la rédaction. Photos © UTMB® – Franck Oddoux, Thomas bekker, Michel Cottin, Pascal Tournaire, Christophe Pallot.

Après avoir abordé les autres courses qui composaient ce 17ème UTMB®, parlons maintenant de celle qui, quand même, représente le Graal de cet événement incroyable que beaucoup nous envient. C’est donc l’Espagnol, Pau Capell, qui emporte l’UTMB®. Parti sur un rythme soutenu dès les premiers kilomètres, Pau Capell a donc décroché samedi son premier UTMB®. Presque 50 minutes le séparent du 2ème, Xavier Thévenard. Son chrono est loin d’être historique, 20 heures et 19 minutes et 7 secondes, mais il est difficile se lancer dans des comparaisons tant les conditions et le parcours même de cette épreuve ne se ressemblent pas d’une année sur l’autre.

UTMB® 2019 : encore une année américano-espagnole
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Pau Capell n’aura donc jamais faibli.

Xavier Thévenard est quant à lui parti prudemment, comme à son habitude, avant d’accélérer à partir de la Fouly (km 110 environs) pour tenter de rejoindre et dépasser le leader de la course. Mais Pau Capell, impressionnant de régularité, a été capable tout du long de courir et relancer dans la plupart des portions de course. Comme nous l’avons expliqué sur un de nos post Facebook, les américains, de Tim Tollefson à Zach Miller en passant par Hayden Hawks et d’autres encore, laissent une fois de plus filer la victoire.

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Qui est vraiment Courtney Dauwalter ?

Chez les femmes d’Outre-Atlantique en revanche, après Krissy Moehl (2003 et 2009), Nikki Kimball (2007) et Rory Bosio (2013 et 2014), c’est donc Courtney Dauwalter qui est devenue hier la 4ème américaine à remporter UTMB®. Elle a mis 24h34’26 ». Courtney Dauwalter n’est bien sûr pas une débutante de l’ultra trail et de l’ultra tout court. Aux USA, elle s’est spécialisée dans les ultra très longs, voire très très longs. 100 miles bien sûr (161 km) mais aussi les 200 miles (322 km). En 2018, elle a ainsi par exemple remporté la mythique Western States 100 mile Endurance Run, une course californienne qui est tout simplement le plus vieux 100 miles au monde. Elle est arrivée 12ème au scratch en 17h27’00 », devant des garçons comme l’américain Tim Freriks ou le Français Erik Clavery mais a également mis plus d’1h10 dans la vue de sa plus proche poursuivante cette année là, Kaytlyn Gerbin l’américaine (18h40’19 ») et plus d’1h30 dans celle de Lucy Bartholomew l’australienne (18h59’45 »). Ce n’est pas tout. Pour bien comprendre à qui nous avons à faire, il suffit de s’intéresser à la Big Backyard Ultra, une course organisée par Lazarus Lake, le créateur de la Barkley. Le principe est simple : parcourir autant de fois que possible la boucle de 4.166667 mile (6,7 km) de son jardin, une boucle par heure maximum et minimum, et jusqu’à ce que mort s’en suive, ou presque. Le dernier homme debout, ou femme donc, remporte la mise : un dossard pour la Barkley. Courtney Dauwalter avait finie deuxième l’année dernière, derrière un homme, encore une fois (Johan Steene qui réalise 238,335 miles) et était donc également arrivée en seconde position du plus gros kilométrage réalisé pendant la course : 279,168 miles (449 km soit 67 tours de 6,7 km), près de 100 miles de plus que sa plus proche « poursuivante » Maggie Guteri (183,334 miles), une inconnue chez nous. À la suite de cela, le très populaire et très respecté quotidien américain The New-York Times lui a consacré un long article (décembre 2018 : https://www.nytimes.com/2018/12/05/sports/courtney-dauwalter-200-mile-race.html).

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On peut donc légitiment dire que Courtney Dauwalter est une des stars de l’ultra américain et qu’elle n’a pas fini de nous surprendre, ni de revenir à l’UTMB pour s’imposer si elle le souhaite. En début d’année, elle avait par ailleurs remporté le 102 km du Tarawera UltraMarathon en Nouvelle-Zélande (Camille Herron, autre phénomène américain s’imposait elle sur le 100 miles) le Madeira Island Ultra-Trail® fin Avril. Elle avait par contre dû abandonner à la Western States fin juin de cette année (au ravitaillement nommé Green Gate situé au mile 81) alors qu’elle caracolait en tête.

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Parmi les 100 nations représentées et les 10 000 concurrents au départ des différentes courses, les espagnols ont quand même fait la razzia.

Cette razzia espagnole avait débuté mercredi soir sur la TDS® (145km/9100m D+), avec la victoire de Pablo Villa, le plus rapide des 1600 engagés de cette épreuve sur un parcours rallongé et plus raide que les éditions précédentes – nouveau passage dans le Beaufortain. Pablo Villa se payant même le luxe d’arriver avec quasiment une heure d’avance sur les meilleures prévisions horaires des organisateurs. Le changement de parcours n’aura pas non plus bouleversé outre-mesure la française Audrey Tanguy, tenante du titre, une nouvelle fois victorieuse après un haletant mano-a-mano avec l’américaine Hillary Allen. À quand Audrey Tanguy sur l’UTMB® ?

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La domination espagnole s’est poursuivie jeudi avec Luis Alberto Hernando

Le triple champion du monde de trail est le vainqueur de la CCC® version 2019 (101km/6100m D+). Sans jamais trembler, et après 10h28 de course, il s’impose devant le français Thibaut Garrivier. La résidente espagnole Ragna Debats, de nationalité hollandaise, s’imposait elle chez les filles. Nous en avons parlé. Il n’y a finalement que sur l’OCC (56km/3500m D+) que l’Espagne n’a pas réussi à triompher. Il aura en effet manqué 1 minute 22 secondes à Andreu Simon pour offrir à son pays une sorte de Grand Chelem. 1 minute 22 secondes c’est l’écart le séparant du vainqueur norvégien Stian Angermund-Vik. Chez les filles, même déception : l’espagnole Azara Garcia n’a rien pu faire pour empêcher la néo-zélandaise Ruth Croft d’empocher un deuxième titre consécutif sur cette épreuve.

UTMB® 2019 : encore une année américano-espagnole
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Xavier Thévenard, triple vainqueur de l’UTMB® en quête d’une 4ème couronne, ce que personne n’a jamais réalisé était particulièrement fairplay à l’issue de la course.

Il a ainsi déclaré : « Pau a fait une sacrée perf’. Moi, je suis dans mes plans. J’avais prévu 21h10 de course, je termine en 21h07, il n’y a pas grand chose à dire, mis à part qu’il était intouchable. Je réalise l’une de mes meilleures saisons cette année, et c’était sympa de pouvoir courir cet UTMB® sous le beau temps ; on a eu le temps d’apprécier les montagnes. C’est là qu’on réalise qu’on a une sacrée chance d’être ici, et de pouvoir contempler cet univers ; il faut vraiment en prendre soin, changer nos habitudes, accepter moins de confort et vivre plus simplement, pour protéger cet environnement, et faire en sorte que les générations futures puissent aussi en profiter comme nous ».

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C’est vrai que sous une météo propice à venir applaudir les exploits des trailers, nous avons pu constater que la foule des supporters a grossi au fil des jours de la semaine de cet événement si particulier, pour atteindre son paroxysme bien entendu vendredi et samedi. Selon les organisateurs qui préparent déjà 2020 : « les différents territoires des trois pays traversés (France, Italie, Suisse) auront ainsi pu montrer au monde entier leur meilleurs atours et leur hospitalité, enregistrant des taux de fréquentation jamais vus jusqu’alors ; les 20 000 accompagnateurs et les dizaines de milliers de spectateurs auront fait de cette 17e édition un moment de sport, de partage, de communion inoubliable, dans une ambiance magique et bon enfant ». À ce titre notons que l’UTMB® et l’illustrateur lyonnais Matthieu Forichon travailleront de nouveau ensemble sur le visuel de la prochaine édition de l’UTMB®. « Je suis très heureux de faire la 2020 ! » a-t-il ainsi expliqué celui qui n’exclut pas de continuer la déclinaison commencée cette année, dans la lignée des affiches de certains films blockbusters américains. Affaire à suivre.

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