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Pour Mathilde Vinet, 26 ans, c’est la tête et les jambes.

Par la rédaction, avec Alessandra Rampazzo & Gaël Couturier. Photos © WAA-E.Montgobert / HMDS Fuerteventura 2018

Étudiante en thèse de biologie, sociétaire de l’Azur Olympique Charenton (94) et vainqueur du récent Half Marathon Des Sables de Fuerteventura, Mathilde Vinet est une jeune femme comme les autres, à cela de près qu’elle est épatante. Nous l’avons rencontrée et soumise à une batterie de questions. En exclusivité mesdames messieurs. Mathilde Vinet !

Mathilde Vinet
Mathilde Vinet
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Le Blog Endurance Shop : D’abord on va parler de la course, le HMDS de Fuerteventura si vous voulez bien. Vous aviez envie de la courir depuis longtemps cette course ? Comment en aviez-vous entendu parler ?
Mathilde Vinet : En réalité, j’ai découvert l’existence du HDMS Fuerteventura seulement six mois avant l’évènement lui-même, par le biais d’un email de WAA Ultra qui en faisait la promotion. Le format du HDMS m’a immédiatement attirée : le challenge sportif, les nuits en bivouac, la dimension « aventure » – et l’idée de découvrir les Canaries par le biais du trail running. Quelques semaines plus tard, WAA Ultra annonçait qu’il cherchait vingts femmes pour les représenter sur la course. J’ai postulé, j’ai été sélectionnée, et je me suis lancée ! À noter que je n’avais pas compris que le HDMS se faisait en autosuffisance alimentaire… un détail non sans importance.

Le Blog Endurance Shop : Ah oui, en effet. Mais comment s’est passée la course alors ? Et puis cette victoire est une surprise ou bien vous vous étiez entraînée comme une dingue pour réussir ?
Mathilde Vinet : La course s’est bien passée. Je n’ai vécu aucun moment de désespoir ou de grand doute. J’ai pris plaisir à parcourir le paysage désertique de Fuerteventura. Je garde de belles images des falaises le long de la mer, un excellent souvenir de passages techniques et d’une descente effrénée vers l’arrivée finale. Je me suis beaucoup amusée. Ma victoire en revanche a été une réelle surprise. J’étais très bien entraînée, mais je ne savais pas comment je répondrais aux conditions sur place, à ce format de course, ni quel serait le niveau des autres participantes. J’étais là initialement pour la découverte. Sur une course comme celle-ci, il est difficile de prédire un résultat. Beaucoup de paramètres restent imprévisibles. Un instant d’inattention, un mauvais calcul ou une pauvre écoute de soi peuvent coûter cher. C’est seulement lorsque j’ai remporté la première étape que je me suis dit que j’avais peut-être de bonnes cartes à jouer.

Mathilde Vinet

Le Blog Endurance Shop : Dans la vraie vie de Mathilde Vinet, il se passe quoi ? Quel est votre job ? Vous avez des enfants ? Vous étudiez encore ? Et votre job de rêve ça serait quoi du coup ?
Mathilde Vinet : Je suis étudiante en thèse de biologie. Je travaille dans la recherche de nouveaux traitements ciblés pour combattre les cancers du sein. Et je n’ai pas d’enfant. Mon job de rêve ? Bonne question… honnêtement je ne sais pas. J’aimerais un boulot qui puisse me permettre de voyager, d’échanger, et qui me permette de consacrer du temps à mes entraînements et à une vie de famille. Si je pouvais trouver quelque chose en relation avec le sport ce serait le pied, mais pour le moment mon avenir professionnel reste flou. Des idées?!

 

Le Blog Endurance Shop : Bah….journaliste voyons ! Ça c’est un job pour vous Mathilde. Bon, reprenons. Souvent les gens qui ne courent pas autant que vous (& nous) se demandent comment trouve-t-on le temps pour s’entraîner autant avec une vie privée bien remplie. Vous vous entraînez combien de fois par semaine pour une telle épreuve vous ? Vous auriez des conseils à donner à quelqu’un qui ne l’a jamais fait ce HMDS de Fuerteventura et qui se dit qu’il ou qu’elle ne peut pas le faire, qu’il ou qu’elle n’en est pas capable ? Un truc ? Un secret à la Mathilde ?
Mathilde Vinet : J’ai suivi les consignes de mon entraîneur Jean-Jacques Minne. Globalement, je faisais 5 sorties running par semaine, plus une sortie vélo et du renforcement musculaire. J’ai ajouté à cela de la piscine pour la récupération. Le HMDS a l’avantage d’être accessible à un large spectre d’individus. Les barrières horaires sont suffisamment souples pour permettre à beaucoup d’y trouver leur rythme. C’est aussi une aventure avec un esprit « communautaire ». Je pense que si l’on rencontre des moments de grande difficulté au long du parcours, on trouvera toujours quelqu’un à qui s’accrocher. Malheureusement, je n’ai pas de secret particulier qui me vienne là. Mais je sais qu’il faut de l’entraînement bien sûr, de la préparation matérielle aussi, de l’envie et puis beaucoup de plaisir.

 

Mathilde Vinet
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Le Blog Endurance Shop : Vous vivez en région parisienne. Est-ce que c’est pas un désavantage rédhibitoire pour ce genre de course nature d’habiter en ville ?
Mathilde Vinet : Il est certain qu’en termes de dénivelé on n’est pas gâté ! On peut trouver de bons sentiers de forêt, des pistes cavalières si l’on veut s’entraîner dans le sable, mais le plus embêtant est que dans ce cas, il faut sortir du centre de Paris. On ne peut pas chausser ses baskets et partir directement sur des parcours nature. L’entraînement demande alors davantage de temps et d’organisation.

Le Blog Endurance Shop : Bon mais alors une fois sur place, qu’est-ce qui est le plus dur à gérer : le sable qui rentre partout, la chaleur, la répétition des distances chaque jour ? Là encore, quels sont les petits trucs qui peuvent à votre avis faire la différence une fois qu’on est sur le terrain ?
Mathilde Vinet : Vous allez sourire mais le plus pénible a pour moi été l’humidité la nuit. On m’en avait vaguement parlé, mais je ne m’attendais pas au sac de couchage moite, aux gouttes de condensation à l’intérieur de la tente me tombant dessus, ni aux vêtements humides à renfiler le matin. J’ai appris grâce à d’autres participants comment limiter les désagréments, mais qu’est-ce que j’étais contente de retrouver le lit sec de l’hôtel après les 3 nuits de bivouac!

Le Blog Endurance Shop : Et vous pensez que c’est plus dur quand on est une fille ou bien c’est totalement la même chose pour les garçons ? Bon, OK, c’est une question machiste. Mais vous ne vous lavez même pas avec une bouteille d’eau sur la tête un peu chaque jour ? C’est difficile de « faire le baroud » comme ça ou au contraire finalement ça vous a pas mal amusée ?
Mathilde Vinet : Je ne pense pas que la difficulté du HMDS soit une question de genre. Sur des épreuves comme celles-ci les femmes peuvent se montrer physiquement et psychiquement très résistantes. Quant aux conditions de vie sur le bivouac, pourquoi les femmes les appréhendraient-elles davantage que les hommes? D’après moi, il s’agit plutôt d’une question d’individu à individu. Personnellement, je faisais un brin de toilette tous les jours avec des lingettes et/ou un petit savon, et j’ai profité de la journée de pause pour nettoyer mes vêtements. J’aime beaucoup barouder. J’aime la simplicité, le naturel. C’est cela qui nous a d’autant plus rapprochés au long du HMDS.

Mathilde Vinet
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Le Blog Endurance Shop : Au fait, on ne vous a pas demandé mais votre parcours en course à pied / sports d’endurance il se compose de quoi ? Vous êtes une spécialiste du trail running ou bien vous faites un peu de tout ? Vous avez déjà fait des marathons ? Des ultras ? Gagné des courses ?
Mathilde Vinet : Je viens du demi-fond sur route. En temps normal, je m’entraîne avec mon club, l’Azur Olympique Charenton, et je cours des distances allant du 5km au semi-marathon. Je n’ai jamais couru de marathon. J’ai découvert le trail il y a un an et demi, grâce à mon ami Yoann Rousseau, ambassadeur de la Transkarukéra, un trail Guadeloupéen. Il m’a proposé d’y participer et c’est à ce moment-là que je me suis lancée. J’ai adoré. Depuis, c’est vers le trail que je souhaite m’orienter, davantage que vers la route. C’est ce qui me procure le plus de plaisir, et ce pour quoi je pense aussi être le plus douée. J’ai gagné la Transkarukéra sur une distance intermédiaire, deux petits trails de région parisienne, la Südtirol Ultra Skyrace – encore une fois sur une distance intermédiaire – et bien sûr, le HMDS Fuerteventura, mon plus beau succès. Pour ce qui est des ultras, on verra plus tard ! Pour le moment, je reste sur des épreuves un peu plus rapides.

 

Le Blog Endurance Shop : Du coup votre objectif maintenant c’est le MDS au Maroc ou, là pour le coup, c’est une trop grosse épreuve ?
Mathilde Vinet : Justement, le MDS Maroc est pour l’instant une trop grosse épreuve. Le HMDS Perù me tente davantage!

 

Le Blog Endurance Shop : OK dernière question. Si vous n’aviez pas de limites financières pour vous payer le voyage de vos rêves ou de planning pour vous entraîner autant que vous voulez, quelles seraient LA ou LES course(s) qui vous font rêver ? L’UTMB ? La Diagonale Des Fous ? Le marathon de NYC ? Dites-nous tout.
Mathilde Vinet : Il y en a tellement! La Diagonale des Fous : bien évidemment. Mais à commencer avec le trail des Mascareignes, la plus petite distance (déjà 65km !). Mais aussi l’Ultra Trail Costa Rica – Volcan Arenal. Et dans un autre style, le Atacama Crossing, au Chili ou la Transalpine Run.

 

Mathilde Vinet
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